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Autour de

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Je vous propose de voir mes photos dans des reportages photos. Nature, Promenades, Fêtes, Expositions ....


Alberto Giacometti. Rétrospective

Publié par Lemenuisiart sur 1 Octobre 2018, 06:27am

Catégories : #exposition, #giacometti, #sculpture, #bilbao, #presse, #C'est grâce à vous

Alberto Giacometti, Tête de Diego, 1934-1941, terre, 9,50 x 5,40 x 7,70 cm, coll. Fondation Giacometti, Paris

Alberto Giacometti, Tête de Diego, 1934-1941, terre, 9,50 x 5,40 x 7,70 cm, coll. Fondation Giacometti, Paris

Alberto Giacometti. Rétrospective

Apporter le soutien d’IBERDROLA à l’exceptionnelle exposition Alberto Giacometti. Rétrospective que le Musée Guggenheim Bilbao consacre à l’un des plus grands sculpteurs de l’histoire et un des artistes majeurs du XXe siècle est pour nous l’objet d’une très grande fierté.
Nous invitons donc le public à venir découvrir dans les salles du Musée un parcours illustrant 40 ans de la carrière de l’artiste au travers d’une sélection de 200 pièces —sculptures, peintures et oeuvres sur papier—, lesquelles viennent rendre hommage à l’esprit créateur de Giacometti et à témoigner de son inextinguible quête de vérité.
Cette rétrospective rend fidèlement compte des évolutions constantes de l’artiste, depuis ses premiers travaux influencés par le cubisme et le surréalisme – au fort contenu symbolique et d’une facture très abstraite – jusqu’à ses célèbres figures stylisées qui se distinguent par leur matière brute et leurs échelles multiples.
Alberto Giacometti s’est toujours démarqué par la profondeur de sa démarche et de sa réflexion. Il a cultivé l’amitié de nombreux intellectuels et écrivains comme Simone de Beauvoir — dont l’effigie est ici présente à travers deux bustes —, Jean Genet — dont on retrouve un portrait à l’huile dans l’exposition — ou encore Jean-Paul Sartre – qui définissait Giacometti comme l’artiste “existentialiste” par excellence –.
Organisée en collaboration avec la Fondation Giacometti de Paris, Alberto Giacometti. Rétrospective a fait déjà halte au Musée national des Beaux-arts de Montréal et au Musée Guggenheim de New York. Elle vise à offrir aux visiteurs la possibilité d’admirer le meilleur de la production de l’artiste, sculptures en plâtre et en bronze, peintures et dessins.
En outre, cette rétrospective constitue l’une des rares occasions de voir réunies ses Femmes de Venise, exceptionnel ensemble de figures féminines que Giacometti créa à l’occasion de sa participation à la Biennale de Venise de 1956.
Le soutien continu apporté aux grandes expositions organisées par le Musée Guggenheim de Bilbao, comme cette rétrospective, compte parmi les initiatives avec lesquelles Iberdrola souhaite contribuer à encourager les arts et la culture dans les régions où nous sommes présents. Nous espérons vivement que les visiteurs viendront en très grand nombre découvrir cette magnifique exposition que j’ose considérer, grâce à l’excellent travail des commissaires et des responsables du Musée, comme l’une des plus remarquables de cette saison au niveau international pour tous les amateurs d’art.
Ignacio S. Galán
Président d’Iberdrola

(AG581) Alberto Giacometti, Quatre têtes, crayon sur papier à lettre, 26,9 x 20,9 cm, coll. Fondation Giacometti, Paris, M.Illuminati

(AG581) Alberto Giacometti, Quatre têtes, crayon sur papier à lettre, 26,9 x 20,9 cm, coll. Fondation Giacometti, Paris, M.Illuminati

- « Voir, comprendre le monde, le sentir intensément et élargir au maximum notre capacité d’exploration » Alberto Giacometti.
- L’oeuvre d’ Alberto Giacometti (1901-1966) débute au cours des années 1920. Elle comprend des périodes post-cubiste et surréaliste avant un retour à la figuration en 1935 qui marquera la production de l’artiste jusqu’à la fin de sa carrière.
- Présupposé déterminant dans l’oeuvre l’artiste suisse, la réduction vient aiguiser le regard.
- L’exceptionnel ensemble des huit sculptures en plâtre de Femmes de Venise créé pour la Biennale Internationale d’Art de Venise de 1956 sera présenté dans le cadre cette rétrospective.
- Alberto Giacometti. Rétrospective est organisée par le Musée Guggenheim Bilbao en collaboration avec la Fondation Giacometti de Paris et avec le soutien d’Iberdrola.

(S27) Alberto Giacometti, Toute petite figurine, vers 1937-39, plâtre, 4,50 x 3,00 x 3,80cm, coll. Fondation Giacometti Paris

(S27) Alberto Giacometti, Toute petite figurine, vers 1937-39, plâtre, 4,50 x 3,00 x 3,80cm, coll. Fondation Giacometti Paris

Le Musée Guggenheim Bilbao présente Alberto Giacometti. Rétrospective, une exposition rassemblant plus de 200 sculptures, peintures et dessins couvrant plus de 40 ans de création de l’un des artistes les plus influents du XXe siècle. Cette rétrospective vise à offrir une perspective approfondie sur l’oeuvre de Giacometti en mettant particulièrement en lumière l’extraordinaire fonds artistique et documentaire constitué par la veuve de l’artiste, Annette, aujourd’hui conservé à la Fondation Giacometti de Paris.
Alberto Giacometti est né en Suisse en 1901 dans une famille d’artistes. Son père, Giovanni Giacometti, peintre néo-impressionniste reconnu - dont sont exposées trois sculptures de têtes réalisées par le jeune Alberto - l’initie à la peinture et à la sculpture. En 1922, il se rend à Paris pour approfondir sa formation artistique. Quatre ans plus tard, il emménage dans ce qui sera son atelier jusqu’à la fin de ses jours, un espace loué de 23 mètres carrés à peine dans la rue Hippolyte-Maindron, près de Montparnasse. C’est dans cet étroit et minuscule réduit que Giacometti élaborera une vision très personnelle du monde qui l’entoure. La figure humaine est un thème central dans l’oeuvre de Giacometti. Au fil des années, il s’attacha à créer des oeuvres inspirées des personnes liées à son entourage, principalement son frère Diego, sa femme Annette, ses amantes, ses amis.
«Depuis toujours la peinture la sculpture ou le dessin étaient pour moi des moyens pour me rendre compte de ma vision du monde extérieur et surtout du visage et de l'ensemble de l'être humain ou, plus simplement dit, de mes semblables et surtout de ceux qui me sont les plus proches pour un motif ou l'autre.»
L’approche développée par Giacometti autour de la figure humaine devait ainsi influencer profondément de nombreux artistes des générations suivantes.
L’exposition met notamment en lumière l’intérêt de l’artiste pour les matériaux modelables comme le plâtre ou l’argile. Tandis que de nombreux créateurs se bornaient à utiliser le plâtre comme matériau préliminaire dans la réalisation d’une pièce – après le modelage de l’objet dans l’argile et avant le coulage en bronze –, Giacometti eut souvent recours à ce matériau tant pour la forme initiale que pour la forme définitive de l’oeuvre en question. Un bon exemple de cet emploi est donné par l’exceptionnel ensemble de huit sculptures en plâtre Femmes de Venise qui sera présenté au Musée Guggenheim Bilbao pour la deuxième fois depuis sa création pour la Biennale de Venise de 1956, après l’avoir été, après restauration par la Fondation Giacometti de Paris, à la Tate Modern de Londres en 2017.

(S354) Alberto Giacometti, Le Nez (esquisse), 1947-1950, plâtre, 43 x 9,70 x 23 cm, coll.Fondation Giacometti Paris, JP Lagiewski

(S354) Alberto Giacometti, Le Nez (esquisse), 1947-1950, plâtre, 43 x 9,70 x 23 cm, coll.Fondation Giacometti Paris, JP Lagiewski

PARCOURS DE L’EXPOSITION

Salle 205. La rencontre avec le cubisme à Paris
Giacometti s’installe à Paris en 1922 pour étudier avec le sculpteur Antoine Bourdelle à l’Académie de la Grande Chaumière. Il découvre alors les oeuvres post-cubistes de Jacques Lipchitz, Henri Laurens, Constantin Brancusi ou Pablo Picasso, ce qui le conduit à abandonner sa formation classique et à adopter le vocabulaire formel du néo-cubisme dans un style très personnel centré sur la figure humaine.
Les sculptures cycladiques de la Grèce antique que Giacometti a alors l’occasion de contempler au Louvre le pousse à explorer la relation de la sculpture avec le plan. Il se rend souvent au Musée d’Ethnographie du Trocadéro et lit avec assiduité des revues d’avant-garde comme Cahiers d’art et Documents, qui reflètent le goût de l’époque pour l’art non occidental. En 1927, il synthétise ces influences dans Femme cuillère, une de ses premières oeuvres de maturité.
Femme cuillère (1927) est l’oeuvre la plus monumentale et totémique de cette période. Créée en plâtre, puis coulée par la suite en bronze, elle réinterprète la géométrie caractéristique du cubisme, les formes stylisées de l’art africain et la simplicité formelle de la modernité européenne. Avec son grand abdomen concave, qui évoque un utérus féminin, la sculpture s’inspire visiblement des cuillères cérémonielles anthropomorphes de la culture Dan africaine et constitue un hommage à la fertilité.
Pour l’artiste suisse, la réduction doit permettre d’aiguiser le regard et ce un présupposé marque l’intégralité de son oeuvre. Son travail s’intéresse exclusivement à la vision en elle-même, l’acte de voir prenant la forme d’une image. La dimension abstraite de la sculpture de Giacometti devient alors toujours plus complexe et trouve son apogée dans plusieurs sculptures planes, dépourvues de volume, dont la surface polie semble légèrement incisée ou sculptée, comme nous pouvons le voir dans Femme (plate II) (1928–1929), Femme (Plate V) (1929) ou Tête qui regarde (1929), une sculpture plane en plâtre avec une subtile cavité qui évoque un oeil, à peine perceptible. Son ami, le sculpteur Henri Laurens, déclara à propos de cette oeuvre : « la tête en plâtre, aplanie, est une véritable tête » et ces plaques exposées à Paris en 1929 éveillèrent l’intérêt d’artistes et d’intellectuels de premier plan comme Georges Bataille, André Breton ou Salvador Dalí.

(S531) Alberto Giacometti, Femme debout, 1961-1962, bronze, 80,30 x 13,40 x 20,90 cm, coll.Fondation Giacometti Paris, JP Lagiewski

(S531) Alberto Giacometti, Femme debout, 1961-1962, bronze, 80,30 x 13,40 x 20,90 cm, coll.Fondation Giacometti Paris, JP Lagiewski

Salle 206. Le Surréalisme
Le surréalisme, courant artistique et littéraire ayant Paris pour épicentre, apparait en 1924 et reste actif jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour les surréalistes, il s’agit d’abord d’éliminer le rationalisme moderne grâce au pouvoir de l’imagination. Influencés par la psychanalyse et les mythes, ceux-ci pensent alors que la plongée dans le subconscient vient révéler des univers intérieurs complexes autour de la sexualité, du désir et de la violence.
Giacometti adhère à l’étude du langage et des rêves prônée par les surréalistes et devient officiellement membre du groupe d’André Breton en 1931. L’influence surréaliste se traduit bientôt par des créations oniriques et originales qui représentent des mondes intérieurs par le biais d’images insolites.
Le style très personnel de Giacometti suscite alors l’intérêt des artistes et des intellectuels les plus novateurs. Salvador Dalí considère ainsi Boule suspendue (1930–1931) comme le prototype surréaliste de «l'objet à fonctionnement symbolique », à contenu violent ou érotique. Objet désagréable (1931) est la sculpture la plus emblématique de cette tendance faisant à la perfection écho aux fantasmes de brutalité qui peuplent les écrits de Georges Bataille. Cette oeuvre, qui repose en équilibre parfait sur l’arrière, remet en cause les conventions habituelles de la sculpture en éliminant le socle. Giacometti devait poursuivre la création de ces sculptures-objet jusqu’en 1934. Bien que souvent proches de l’abstraction, celles-ci conservaient néanmoins un certain lien avec la figure humaine.
Femme égorgée (1932) illustre également l’appartenance de Giacometti au surréalisme au début années trente. L’artiste s’intéresse aux façons par lesquelles ce mouvement approche l’inconscient et introduit des thématiques complexes, comme les états antagonistes de douleur et d’extase, d’humain et de non humain, ainsi que des motifs qui suscitent à la fois l’attraction et la répulsion, comme la forme des insectes.

Salle 207. Les « cages » et la délimitation de l’espace ; la rue et les places
En 1935, Alberto Giacometti s’éloigne du mouvement surréaliste et recommence à travailler à partir du modèle. Son frère Diego et Rita Gueyfier, modèle professionnel, posent alors pour lui chaque jour. Le sculpteur explore diverses techniques de modelage et passe d’une rigueur géométrique facettée à un travail plus expressif, qui le ramène à la peinture et à la réalité du modèle.
Dans les années 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, Giacometti commence à créer des figures longilignes, filiformes, au contour flou, qui suggèrent une figure humaine vue de loin. Il déclare que faire de grandes figures lui semble faux et que ce n’est qu’en les représentant allongées et stylisées qu’elles sont fidèles à sa vision de l’humanité.
Giacometti reprend le motif de la boîte au début des années cinquante dans de nombreux travaux de cette période comme Figurine entre deux maisons (1950). La boîte renvoie de façon graphique à différents concepts chers à l’existentialisme, comme le confinement, l’isolement ou l’angoisse liés au simple fait d’exister. Cette même idée sous-tend les « cages », un thème avec qu’il avait déjà expérimenté durant sa période surréaliste. Dans Le Nez (1947), la pointe perfore littéralement le cadre qui délimite l’oeuvre pour ressortir à l’extérieur.
Dans La Forêt (1950), Giacometti réunit un groupe de figures longilignes, ancrées sur un socle évoquant l’image d’une forêt. Plantées comme des arbres, elles sont debout, proches entre elles mais sans toutefois se toucher. La relation entre ces figures se crée au travers de l’espace négatif au sein duquel elles cohabitent. Cette oeuvre, ainsi que d’autres similaires, soit avec une seule figure, soit avec un groupe de figures, expriment les idées sur lesquelles porte la réflexion de Giacometti à cette époque : la conviction de pouvoir se sentir isolé, y compris dans un espace bondé, comme dans
la rue, sur une place ou dans un espace ouvert.

ALBERTO GIACOMETTI Le Nez, 1947 Bronze 80.9 x 70.5 x 40.6 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Le Nez, 1947 Bronze 80.9 x 70.5 x 40.6 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

Salle 202 et 209. Sculptures minuscules
Entre 1938 et 1944, les sculptures de Giacometti se réduisent de plus en plus et la distance augmente entre le spectateur et les figures représentées. Pendant la guerre, Giacometti s’installe en Suisse, où il passe beaucoup de temps avec son neveu Silvio, auquel il enseigne l’histoire de l’art tout en le prenant pour modèle dans une chambre d’hôtel transformée en atelier. C’est là qu’il donne forme à une série de sculptures comme Petit buste sur double socle (1940–1941) et à d’autres figures réalisées d’après nature comme Silvio debout les mains dans les poches (1943).
Des années plus tard, Silvio devait rappeler le processus suivi alors qu’il posait pour son oncle, celui-ci durant parfois 15 minutes, parfois une heure. En premier lieu, Giacometti réalisait une figure et le lendemain il la reprenait pour en réduire la taille de moitié pour atteindre pour produire une forme de huit ou dix centimètres de hauteur. C’est ainsi que nous savons de source sûre comment Giacometti mettait à l’écart ou réduisait ses oeuvres, en les synthétisant en des formes plus petites.
L’artiste devait expliciter son évolution ainsi : « En travaillant d’après nature, je suis arrivé à faire des sculptures minuscules : trois centimètres. Je faisais ça malgré moi. Je ne comprenais pas. Je commençais grand et je finissais minuscule. Seul le minuscule me paraissait ressemblant. J’ai compris plus tard : on ne voit pas une personne dans son ensemble jusqu’à ce que lorsqu’elle s’éloigne et devient minuscule ».
Salle 209. L’Existentialisme : figures allongées et filiformes
Sartre définissait Giacometti comme l’artiste existentialiste parfait, « à mi-chemin entre l’être et le néant ». C’est à partir de 1945 qu’il crée ses oeuvres les plus connues, figures extrêmement longilignes et stylisées dans lesquelles il traduit ses nouvelles recherches sur l’espace et la distance entre le modèle et l’artiste. Giacometti revient à Paris et le changement d’échelle lui permet d’exprimer l’anxiété liée au traumatisme de la guerre. « Après la guerre, j’en avais assez et je me suis juré de ne plus laisser mes statues diminuer d'un pouce. Alors, il est arrivé ceci : j'ai gardé la hauteur, mais c'est devenu mince, immense et filiforme ».
Lorsque Giacometti est choisi pour représenter la France, son pays d’adoption, à la Biennale de Venise de 1956, l’artiste réfléchit sur la manière de montrer son travail dans cet espace. Désireux de réaliser de nouvelles pièces à exposer à côté des précédentes, il crée une série qu’il intitule Femmes de Venise. L’exposition que présente le Guggenheim de Bilbao offre ainsi une extraordinaire occasion de contempler ces huit sculptures rassemblées, que présente depuis juin 2018 le tout nouveau Institut Giacometti de Paris, exceptionnellement prêtées à Bilbao pour cette rétrospective.
À propos de cet ensemble, Giacometti soulignait que « le dernier des états n’était pas plus définitif que les précédents. Tous étaient provisoires [...] toutes les têtes et les figures debout ne sont que différents états ».

ALBERTO GIACOMETTI Homme qui marche I, 1960 Bronze 180.5 x 27.0 x 97.0 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Homme qui marche I, 1960 Bronze 180.5 x 27.0 x 97.0 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

Salle 208. Les recherches sur l’échelle
Cette salle donne à voir un ensemble de pièces qui résument les différentes échelles avec lesquelles Alberto Giacometti devait travailler à partir de 1938. Durant sa période surréaliste, et avant elle, Giacometti avait commencé à explorer de nombreuses variations de la forme et des dimensions de la base de ses sculptures, en tant que partie intégrante de la propre oeuvre. En 1957, il reprend ses recherches sur l’échelle et la figure humaine dans La Jambe (1958), pièce monumentale juchée sur un très haut piédestal. Sa taille et son état fragmentaire rappellent la sculpture antique dont l’ influence se retrouve dans les hauts socles d’une série de stèles, similaires à des colonnes et qui paraissent couronnés par des bustes d’hommes comme dans Grande tête (1960).
L’Homme qui marche (1960), pour sa part, est sans doute l’une des oeuvres les plus connues de Giacometti et l’une des sculptures les plus célèbres du XXe siècle. Dès les années trente, avec Femme qui marche, au pas élégamment ébauché, Giacometti avait déjà concentré ses recherches sur la représentation de ce geste, tirant notamment son inspiration dans la statuaire égyptienne.
Giacometti est conscient du fait qu’il perçoit la femme uniquement comme une statue disproportionnée et immobile, comme symbole d’une idole de l’existence, tandis que l’homme, en mouvement, avance résolument.
Salles 202, 203 et 208. Peintures et dessins
L’oeuvre picturale de Giacometti est dominée par les portraits, centrés sur les personnes qui lui sont le plus proche comme son frère Diego, sa femme Annette, sa dernière amante Caroline et quelques intellectuels de ses amis. Lors des séances de pose, il soumet ses modèles à de longues heures de travail et leur impose une immobilité absolue dans une quête infructueuse de la ressemblance totale.
Cette exposition nous permet de comprendre l’évolution du parcours artistique de Giacometti. Tout au long de sa carrière, des thèmes comme le portrait parcourent son travail. À travers le portrait, Giacometti explore la sensation d’isolement, y compris au sein d’un espace bondé. La figure et l’individu, véritables piliers de son oeuvre, restent des questions actuelles et essentielles au XXIe siècle.
À partir de 1957, Giacometti peint ses portraits en accumulant les couches de couleur et les traits de pinceau qui suggèrent des oeuvres presque sculpturales. Il continue cependant à penser qu’il échoue à représenter la réalité. « Mes peintures sont des copies non réussies de la réalité. Et je me rends compte, dans mon travail, que l’écart entre ce que je fais et la tête que je veux représenter est toujours le même ». Cette frustration le pousse à s’investir dans le travail avec une intensité obsessionnelle qui va parfois jusqu’à la destruction ou la reprise complète de l’oeuvre. Jacques Dupin décrivait ainsi le processus : « Oui, c’est le mien [mon visage], mais c’est aussi celui d’une autre personne qui, de loin, surgit des profondeurs et recule dès que nous essayons de l’attraper. L’infinie question du modèle lui enlève, en fin de compte, tout ce qu’il connaît pour révéler ce qu’il ne connaît pas, l’inconnu que libèrent les profondeurs ».
Les portraits de Giacometti sont, en général, d’une quiétude étouffante avec leurs fonds de couleur terre et gris, inachevés, sillonnés de verticales et d’horizontales qui encadrent les oeuvres, et qui renvoient, comme les lignes sculpturales des cages, au confinement. Giacometti a dit d’eux : « Soudain, j’ai eu la sensation que tous les évènements se produisaient simultanément autour de moi. Le temps se faisait horizontal et circulaire, il était en même temps espace, et j’ai essayé de le dessiner ».
Dans la salle 202 sont accrochées différentes études de têtes à l’encre sur papier du début des années soixante. Ces dessins nous permettent d’appréhender la pratique de Giacometti ; sa manière obsessionnelle de retravailler le visage dans les dessins, dans lesquels il cherche sans cesse à capter le regard, l’étincelle de vie dans les yeux de chaque individu. Pour lui, le regard, la façon dont le regard peut pénétrer dans l’espace du spectateur, est quelque chose de crucial.
Après avoir expérimenté avec les techniques de dessin surréalistes ou abstraites, l’artiste revient à une technique plus traditionnelle en peignant d’après nature, pratique qu’il maintient jusqu’à sa mort. Les esquisses compulsives qu’il réalise quotidiennement sont un exercice de recherche de la « ressemblance » dans la représentation.

ALBERTO GIACOMETTI Boule suspendue, 1930–1931 Plâtre et métal 60.6 x 35.6 x 36.1 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Boule suspendue, 1930–1931 Plâtre et métal 60.6 x 35.6 x 36.1 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

DIDAKTIKA
Une partie du projet Didaktika est constituée d’espaces pédagogiques et d’activités spéciales qui accompagnent chaque exposition et qui apportent des outils et des ressources pour faciliter l’appréhension et la compréhension des oeuvres exposées.
Cet espace éducatif aide à explorer les lieux où a travaillé Alberto Giacometti, du vaste et lumineux atelier de son village natal de Stampa, dans le Val Bregaglia, où il installe un atelier à partir de 1933,, à la petite et sombre pièce de la rue Hippolyte-Maindron à Montparnasse, qu’il occupe à partir 1926 pendant près de 40 ans. Il offre en outre des extraits du documentaire d’Ernst Scheidegger et Peter Münger de 1966 avec d’extraordinaires images de l’artiste dans son atelier.
Sélection d’activités organisées autour de l’exposition.
Conférence : Alberto Giacometti (17 octobre)
Catherine Grenier, directrice de la Fondation Giacometti de Paris et l’une des commissaires de l’exposition Alberto Giacometti. Rétrospective, nous présentera sa vision personnelle de la transcendance dans la vaste production de l’artiste.
Atelier de modelage (24 novembre et 1 décembre)
Atelier pour découvrir comment travaillait Giacometti avec des matériaux comme le plâtre et l’argile, ainsi que pour connaître la relation entre ses sculptures et les objets d’usage quotidien. Pendant ces deux séances, les participants réaliseront leurs propres sculptures.
Réflexions partagées
Visites réalisées en compagnie de professionnels du Musée
 Vision curatoriale (24 octobre) avec Petra Joos, commissaire de l’exposition.
 Concepts-clés (31 octobre) avec Marta Arzak, sous-directrice Éducation et Interprétation.
*Avec le soutien de la Fundación Vizcaína Aguirre.
CATALOGUE
L’exposition Alberto Giacometti. Rétrospective est assortie d’un catalogue généreusement illustré qui aborde, au travers divers textes et essais, de nombreux aspects concernant l’artiste et son contexte pendant 40 ans.
Exposition organisée par le Musée Guggenheim Bilbao en collaboration avec la Fondation Giacometti, Paris

ALBERTO GIACOMETTI Femme cuillère, 1927 Plâtre 146.5 x 51.6 x 21.5 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femme cuillère, 1927 Plâtre 146.5 x 51.6 x 21.5 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Nu debout sur socle cubique, 1953 Plâtre peint 43.5 x 11.7 x 11.8 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Nu debout sur socle cubique, 1953 Plâtre peint 43.5 x 11.7 x 11.8 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Tête d’homme sur socle, ca. 1949–1951 Plâtre peint 22.3 x 7.5 x 9.5 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Tête d’homme sur socle, ca. 1949–1951 Plâtre peint 22.3 x 7.5 x 9.5 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Tête qui regarde, 1929 Plâtre recouvert de produit démoulant et traces de crayon 40.0 x 36.4 x 6.5 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Tête qui regarde, 1929 Plâtre recouvert de produit démoulant et traces de crayon 40.0 x 36.4 x 6.5 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Trois hommes qui marchent (petit plateau), 1948 Bronze 72.0 x 32.7 x 34.1 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Trois hommes qui marchent (petit plateau), 1948 Bronze 72.0 x 32.7 x 34.1 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Quatre femmes sur socle, 1950 Bronze 73.8 x 41.2 x 18.8 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Quatre femmes sur socle, 1950 Bronze 73.8 x 41.2 x 18.8 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Grande tête mince, 1954 Bronze 64.5 x 38.1 x 24.4 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Grande tête mince, 1954 Bronze 64.5 x 38.1 x 24.4 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femme debout, ca. 1961 Plâtre peint 46.0 x 7.6 x 11.2 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femme debout, ca. 1961 Plâtre peint 46.0 x 7.6 x 11.2 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Le Couple, 1927 Plâtre 60.4 x 37.7 x 18 © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Le Couple, 1927 Plâtre 60.4 x 37.7 x 18 © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Tête-crâne, 1934 Plâtre 18.4 x 19.9 x 22.3 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Tête-crâne, 1934 Plâtre 18.4 x 19.9 x 22.3 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femmes de Venise, 1956 Plâtre et plâtre peint Between 108 and 138 cm tall Fondation Giacometti, Paris © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femmes de Venise, 1956 Plâtre et plâtre peint Between 108 and 138 cm tall Fondation Giacometti, Paris © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Copie d'après des dessins d'enfants faits à la craie sur le trottoir du Boulevard Villemain, 1932 Plume et encre 17.2 x 22.6 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Copie d'après des dessins d'enfants faits à la craie sur le trottoir du Boulevard Villemain, 1932 Plume et encre 17.2 x 22.6 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Têtes d’hommes, ca. 1959 Stylo-bille sur papier 18.3 x 13.6 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Têtes d’hommes, ca. 1959 Stylo-bille sur papier 18.3 x 13.6 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Annette nue debout et femmes debout en perspective, ca. 1955 Stylo-bille bleu sur papier 54.6 x 54.9 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Annette nue debout et femmes debout en perspective, ca. 1955 Stylo-bille bleu sur papier 54.6 x 54.9 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femme au chariot, ca. 1945 Plâtre, bois 154.5 x 32.4 x 35.3 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Femme au chariot, ca. 1945 Plâtre, bois 154.5 x 32.4 x 35.3 cm © Alberto Giacometti Estate / VEGAP, Bilbao, 2018

ALBERTO GIACOMETTI Alberto Giacometti, 1951 Photographie de Gordon Parks ©The Gordon Parks Foundation

ALBERTO GIACOMETTI Alberto Giacometti, 1951 Photographie de Gordon Parks ©The Gordon Parks Foundation

ALBERTO GIACOMETTI Alberto Giacometti dans son studio, Paris (juillet 1954) Photographie de Sabine Weiss © Sabine Weiss

ALBERTO GIACOMETTI Alberto Giacometti dans son studio, Paris (juillet 1954) Photographie de Sabine Weiss © Sabine Weiss

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missfujii. 10/10/2018 07:51

C'est bien dommage que ce soit loin de chez moi, j'aurais aimé aller à cette expo

lemenuisiart 22/11/2018 18:37

Pour moi aussi

tiot le mineur 09/10/2018 18:05

Salut
C'est un beau reportage sur un artiste que je ne connaissais pas.
Il n'est pas évident d'apprécier sans voir réellement.
Bonne journée

lemenuisiart 22/11/2018 18:40

C'est encore mieux

Quichottine 03/10/2018 15:09

Tu fais là un joli reportage.
J'avoue que je suis loin de tout connaître de lui, mais j'aime beaucoup certaines oeuvres.
Passe une douce journée.

lemenuisiart 22/11/2018 18:44

Je l'espère bien , même si ici je n'en suis pas l'auteur

manou 02/10/2018 08:29

Je ne le connais pas vraiment et voir cette expo m'apprendrait sans doute beaucoup de choses sur lui que j'ignore...

lemenuisiart 22/11/2018 18:49

C'est bien la découverte

moqueplet 02/10/2018 05:50

voilà une bien surprenante exposition, je n'accroche pas beaucoup, mais faudrait-il la voir de plus près pour essayer de l'apprécier.....passe une agréable journée

lemenuisiart 22/11/2018 18:50

Il faut aussi la voir en vrai

pourquoipas732 01/10/2018 20:01

Je ne connaissais que ses silhouettes stylisées mais je vois qu'il a fait autre chose.

lemenuisiart 22/11/2018 18:55

Très bien

Nell 01/10/2018 18:12

Je ne suis pas en accord avec ces créations, mais comme dit la citation : il en faut pour tous les goûts, n'est-ce pas? Mais ton article est très intéressant. Belle soirée

lemenuisiart 22/11/2018 18:59

Heureusement même

covix 01/10/2018 16:14

Bonsoir,
Un article bien interessant et l'artiste mérite bien cette exposition.
@mitiés

lemenuisiart 22/11/2018 18:59

Très bien

ZAZA 01/10/2018 13:32

Un reportage très intéressant Christian. Merci.
De gros soucis avec l'envoi de ma news, j'espère que cela va se résoudre rapidement. Bises et bon début de semaine

lemenuisiart 22/11/2018 19:00

Oui bien sur

danièle 01/10/2018 13:28

Un peu de mal avec cet artiste, mais c'est toujours intéressant les expos.
bonne journée

lemenuisiart 22/11/2018 19:00

C'est ton droit

tiot le mineur 01/10/2018 11:45

Salut
C'est toujours intéressant une exposition surtout d'un grand monsieur.
Il doit y avoir du monde à la voir.
Bonne semaine

lemenuisiart 22/11/2018 19:00

Je le pense

Martine MARTIN 01/10/2018 11:32

Je n'aime pas trop mais la beauté est subjective. Bisous

lemenuisiart 22/11/2018 19:00

Heureusement encore

LADY MARIANNE 01/10/2018 10:15

pas trop ma tasse de thé-
mondialement connu !
un reportage un peu long à lire- bises-

lemenuisiart 22/11/2018 19:04

Hé oui et puis j'ai la possibilité alors je prend tout

virjaja 01/10/2018 10:06

ça doit etre beau cette expo, dommage que ce soit à Bilbao. bisous Christian cathy

lemenuisiart 22/11/2018 19:05

Et encore ici on est moins loin

Rose63 01/10/2018 10:01

J'ose dire que j'♥ ce "gribouilla" organisé :)

lemenuisiart 22/11/2018 19:05

Si tu le dis

dom 01/10/2018 09:23

Très beau reportage sur un artiste avec lequel j'ai beaucoup de mal à accrocher ...
enfin, ce n'est que mon goût personnel ...
Bon début de semaine et de mois. Déjà !
Que je n'aime pas voir octobre arriver ...
On va déjà commencer avec les potirons et les sorcières, puis se seront les traineaux et les clochettes qui sonneront à longueur de journée ... Quelle horreur.
Enfin, tant qu'il fera beau, ça ira mais ça ne va pas durer, hélas.
Bisoux, cher christian

lemenuisiart 22/11/2018 19:05

C'est le principal

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