Première partie 1/2.
Fondation Claude Monet, Giverny du 23 mars 2018 au 1er novembre 2018
Quelques 637 988 visiteurs s’y sont pressés l’an passé. Deuxième destination touristique de Normandie derrière le mont Saint-Michel, la Fondation Monet rouvrira ses portes le 23 mars prochain. Et il y a de la nouveauté dans l’air !
Chaque quatrième vendredi de mars, au 84 de la rue givernoise Claude Monet, le rituel est immuable. Intarissables puits d’inspiration du génie impressionniste, qui y planta son chevalet entre 1883 et 1926, le Clos Normand et le jardin d’eau s’extirpent d’une douce hibernation. Avant que les tulipes, myosotis et autres élégants iris n’entrent en scène, les précoces fritillaires et narcisses pavanent. Jadis baptisée «Le Pressoir», la bâtisse au crépi rose, où le temps s’est délicieusement arrêté, s’éveille au rythme du va-et-vient des premiers visiteurs.
Dirigée, depuis le 26 mars 2008, par M. Hugues R. Gall, la Fondation Monet orchestre, cette année, son trente-neuvième lever de rideau. Une saison des plus singulières puisque Gilbert Vahé, chef-jardinier historique de la restauration du domaine, raccroche son sécateur ! Après trente-cinq années dédiées à l’eden impressionniste, l’intéressé goûtait, depuis le 1er juin 2011, à une retraite méritée. Mais, suite au départ, début 2017, de son successeur James Prist, il avait accepté de reprendre du service pour assurer l’intérim. Dès le 1er avril, Gilbert Vahé transmettra le relais à Jean-Marie Avisard (voir plus bas), membre de l’équipe des mains vertes du domaine depuis trente ans. Responsable, depuis 1991, de la moitié Est du Clos Normand, Rémi Lecoutre est, quant à lui, nommé chef jardinier adjoint. Le changement dans la continuité !
LE CHALLENGE DE JEAN-MARIE AVISARD : RESPECTER « L’ESPRIT MONET » !
Main verte, depuis 30 ans, à la Fondation Monet, Jean-Marie Avisard succèdera, le 1er avril prochain, à Gilbert Vahé au poste de chef jardinier. Portrait d’un « quinqua » aussi humble qu’aguerri...
« Je me sentais capable d’apporter quelque chose au jardin. Mais j’avoue avoir postulé sans trop y croire ! » Le bref aparté sur sa promotion sera vite refermé : « Sans équipe, on ne peut rien faire, assure Jean-Marie Avisard. Je ne suis pas seul ! Tout le monde doit être mis en avant...» Celui qui ne jure que par le collectif confesse avoir «toujours travaillé la terre». «C’était même un rêve d’enfant», poursuit ce natif de Pont-Audemer. S’il aiguise ses armes de jardinier au château de Tournebut (Aubevoye), cet ex-Cornevillais entre, en 1988, à la Fondation Monet. «Après deux ans en tant que saisonnier, j’ai été embauché. Et, lorsque Gilbert Vahé a sectorisé le travail, j’ai été nommé responsable du jardin d’eau». Au contact du chef jardinier historique de la restauration, l’enfant du pays, aujourd’hui âgé de 53 ans, s’imprègne de « l’état d’esprit du lieu ». « Ce jardin est si particulier qu’il faut des années d’expérience pour le comprendre ! » Et pas question d’interrompre cette chaîne de transmission : « Je vais restructurer un peu l’équipe, pour que les plus anciens forment ceux qui leur succéderont ». N’imaginez pas, pour autant, Jean-Marie Avisard en chamboule-tout. « Ce ne serait pas la bonne méthode ! Notre priorité ? Réintroduire, avec mon adjoint Rémi Lecoutre, davantage de plantes ». L’immuable ligne de conduite ? Respecter « l’esprit Monet » : « Grâce aux photos et témoignages, nous savons où telle chose était. Mais je pense que ce jardin de peintre ne doit pas rester figé. Monet s’était, selon moi, fabriqué un jardin coup de coeur. Il avait envie d’une collection, d’une nouvelle plante ? Il essayait ! Je suis sûr qu’à notre époque, Monet irait vers des nouveautés...»
2018 année du Japon : pivoines, estampes et japonisme...
Côté jardin justement, il est une parcelle qui devrait, le temps d’une floraison, accrocher tous les regards. Vous souvenez-vous de la toile « Jardin de pivoines » (Musée national de l’art Occidental de Tokyo), peinte par Claude Monet dans son jardin givernois en 1887 ? Protégée par des portiques situés, dans le Clos Normand, à côté des « tombes » ou « boîtes de peinture », une majestueuse collection de pivoines arborescentes du Japon s’y déploie. L’idée folle de la Fondation Monet ? Recréer cette scène à l’endroit exact où elle fut peinte, avec des pivoines identiques à celles que cultiva jadis Claude Monet ! «De minutieuses recherches nous ont permis de découvrir que le maître s’était approvisionné, via un intermédiaire, sur l’île japonaise de Daikonshima », explique Gilbert Vahé. Sur cette terre volcanique, favorable à la culture délicate de la pivoine, s’épanouissent depuis 1975 les luxuriants jardins Yushien, où plus de 200 variétés sont produites. « Parmi celles-ci figurent les pivoines que cultivait le peintre jardinier. Et le président des jardins, Go Kadowaki, a généreusement proposé de nous les offrir ! ». Réceptionnés en novembre, trente pieds ont été rempotés et seront mis en terre lorsque les conditions météorologiques le permettront. Clin d’oeil au 160e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon, ce tableau vivant, qui s’esquissera début mai, fera écho à l’exposition « Japonismes/Impressionnismes », à l’affiche du musée des Impressionnismes du 30 mars au 15 juillet prochains. Vous y admirerez, notamment, six estampes japonaises originales - dont l’iconique « Sous la vague au large de Kanagawa » de Hokusai-, propriétés de la Fondation Monet/Académie des Beaux-Arts et jadis accrochées dans la maison du génie impressionniste !
Fondation Claude Monet Giverny
84, rue Claude Monet - 27620 Giverny
Tel 02 32 51 28 21 / Fax 02 32 51 54 18
www.claude-monet-giverny.fr
contact@fondation-monet.com
La fondation est ouverte tous les jours du 23 mars au 1er novembre 2018 de 9h30 à 18h00 (dernière admission 17h30)
Tarifs d’entrée / individuels
Adultes, 9,50 €
Enfants - de 7 ans, gratuits Enfants de 7 à 12 ans, 5,50 € Étudiants, 5,50 € PMR - personne en situation de handicap, 4 €
Coupes-file en vente sur : www.claude-monet-giverny.fr
Fin de la première partie.













