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Je vous propose de voir mes photos dans des reportages photos. Nature, Promenades, Fêtes, Expositions ....


Génération 40 - les jeunes et la guerre

Publié par Lemenuisiart sur 15 Septembre 2018, 09:27am

Catégories : #exposition, #guerre, #jeunesse, #histoire, #presse, #C'est grâce à vous

GÉNÉRATION 40 - LES JEUNES ET LA GUERRE

du 15 novembre 2018 au 26 mai 2019

« PEUT-ÊTRE QUE C’EST BIENTÔT MOI QUI VAIS RECEVOIR UNE BOMBE SUR LE RIKIKI. ÇA M’EMBÊTERAIT QUAND MÊME UN PEU DE MOURIR COMME ÇA, BÊTEMENT, À QUINZE ANS. »

Après Les Jours Sans en 2017, consacrée aux pénuries et restrictions alimentaires, le CHRD s’est tout naturellement intéressé à la catégorie définie par le ministère du Ravitaillement pour délimiter un nouveau champ d’étude : les J3, soit les jeunes qui avaient entre 13 et 21 ans durant la guerre, la « Génération 40 ».

LES J3 DU RÉGIME DE VICHY

Avec la défaite et l’avènement du régime de Vichy, la population est classée en différentes catégories d’âge et de profession à partir du 29 février 1940 :

E (enfants de moins de 3 ans)
J (enfants et adolescents)
A (adultes)
T (travailleurs de force)
C (travailleurs agricoles)
V (personnes âgées)

Pour prendre en compte les besoins spécifiques des enfants et des adolescents, la catégorie J est rapidement divisée en J1 (3 à 6 ans), J2 (6 à 12 ans) et, à partir de juin 1941, en J3 (13 à 21 ans).

« J3 » devient ainsi l'expression consacrée pour désigner, de façon parfois péjorative, la jeunesse sous l’Occupation.

QUELLE JEUNESSE À L’AUBE DE LA GUERRE ?

Adolescents ou jeunes adultes nés dans les années 20 et 30, les jeunes de 1940 furent élevés à la fois dans le souvenir de leurs aînés – pour beaucoup sacrifiés durant le premier conflit mondial – et dans le rêve d'une paix perpétuelle, de la « Der des Ders ».
La crise économique des années trente et la prise de conscience de la montée des périls en raison des totalitarismes avaient pourtant déjà bouleversé les conditions de vie de ces jeunes, conduisant les plus âgés à s’engager dans différentes batailles sociales et politiques. Jeunesse communiste, jeunesse ouvrière chrétienne, jeunes syndicalistes de la CGT constituaient déjà à l’aube de la Seconde Guerre mondiale des groupes organisés, qui resteront riches de l’expérience de la lutte et de la contestation. Le Front populaire et les lois sociales de 1936 avaient également fortement impressionné la jeunesse des milieux populaires. Les congés payés, l’essor des auberges de jeunesse et les prémices d’une société de loisirs venaient compléter l'offre des mouvements de l’entre-deux-guerres. Ajistes, scouts, éclaireurs, mouvements d’action catholique permettaient alors, et pour la première fois peut-être, aux jeunes de s’affirmer de façon autonome.

LE FIL ROUGE DU JOURNAL DE DENISE DOMENACH-LALLICH

Au travers d’un parcours qui prend pour fil rouge le journal intime d’une jeune fille – Denise Domenach-Lallich, 15 ans en 1939 – Génération 40 dresse le portrait d’une jeunesse particulière et contrastée.
Une jeunesse qui eut à vivre la « drôle de guerre », l’exode, la Révolution nationale du maréchal Pétain, les Chantiers de la jeunesse, le Service du travail obligatoire (STO), la Libération et l’après-guerre. Élèves, étudiants, jeunes ouvriers, jeunes agriculteurs, issus de classes aisées ou populaires composaient en 1940 un groupe hétérogène, celui d’une jeunesse alors soumise à d’incessants mots d’ordre et sollicitations, appelée à être transformée par l’expérience de la guerre et de l’Occupation.
Documents, photographies, journaux et lettres de personnages célèbres (Hélène Berr, Guy Môquet) ou anonymes ainsi que témoignages audio récemment collectés révèlent ce qu’impliquait le fait d’être jeune au coeur d’une période aussi troublée. Ils permettent de saisir les réalités complexes vécues par cette génération, d’entendre la singularité de leurs expériences.

LE SURGIS- SEMENT DE LA GUERRE POUR LES JEUNES

Si, pour beaucoup de Français, la guerre devient une réalité avec la défaite militaire de mai-juin 1940, elle se manifeste pour les plus jeunes par un déracinement. L’exode de plusieurs millions de personnes constitue pour les enfants et les adolescents, qui l’ont vécu ou en ont été les témoins, un véritable traumatisme.
À Lyon, l’afflux de population provoqué par l’exode est perceptible dans les effectifs des classes dès la rentrée 1940.
Cependant l’essentiel des adolescents n’est pas scolarisé, la majorité d’entre eux quittant l’école à 14 ans à l’issue du certificat d’études primaires, pour entrer dans le monde du travail, en tant qu’apprentis ou salariés.
Seuls 3 % des jeunes vont alors au lycée.

Aménagement du Palais de la Foire en centre d’hébergement pour réfugiés. Attente des enfants devant le réfectoire. Eté 1940. © Bobenrieth, collection Nouvellet-Dugelay

 

Denise Domenach-Lallich, 16 ans en 1940
« J’ai les jambes en capilotade parce que je suis allée au palais de la Foire pour recevoir les réfugiés. (…) Beaucoup d’enfants sont séparés de leurs parents et ignorent totalement où ils sont. Ils ont fui de la Belgique, du Luxembourg ou du nord de la France avec précipitation et sous le feu des mitrailleuses allemandes qui les harcelaient sans cesse. »

« C’EST DANS LA JEUNESSE QUE NOUS AVONS MIS TOUS NOS ESPOIRS ». PHILIPPE PÉTAIN

Dès l’été 1940 sont créés, au sein du ministère de la Jeunesse et de la Famille, un secrétariat général à la Jeunesse, ainsi qu’un commissariat général à l’Éducation physique et aux Sports.
Jeunesse et sport, garants d’une population saine et robuste, apparaissent donc clairement comme une priorité du régime de Vichy. Comme pour tout régime autoritaire, le gouvernement de Vichy fait de la jeunesse un enjeu politique.
« C’est dans la jeunesse que nous avons mis tous nos espoirs », lance le maréchal Pétain (84 ans) qui entend agir sur la formation morale, civique et professionnelle des jeunes pour mieux contribuer à la régénération et au redressement de la France. Pourtant nombreux sont ceux qui refusent alors cette mainmise sur la jeunesse.

Villefranche, fête du Serment de l’athlète, 1941 L’éducation physique de la jeunesse est une priorité pour le régime de Vichy. Par la Charte des sports du 20 décembre 1940, imitée de la Carta dello sport adoptée en Italie en 1926, le commissaire général à l’Éducation générale et aux Sports prend le contrôle des fédérations sportives. À compter de 1941, lors des principales manifestations sportives, le salut olympique est effectué et le Serment de l’athlète déclamé : « Je promets de pratiquer le sport… pour devenir meilleur et mieux servir ma patrie. » Collection Tony Bertrand. DR

Jeanine Peysson, 17 ans en 1940
« On était alignés et on chantait « Maréchal, nous voilà », c'était bête ! Impossible de supporter ça. Alors, je me cachais aux toilettes, tous les lundis matins. »

FRANCE TOUJOURS, CHANTIERS DE LA JEUNESSE

Les Chantiers de la jeunesse française naissent officiellement le 31 juillet 1940 et deviennent une institution d’État par la loi du 18 janvier 1941.
Il s’agit dans un premier temps, pour les autorités militaires françaises, de regrouper et contrôler un double contingent : celui des soldats démobilisés et des jeunes appelés de juin 1940, soit un peu plus de 90 000 hommes. De solution temporaire, les Chantiers deviennent bientôt un service civil obligatoire. Chaque citoyen français âgé de 20 ans résidant en zone non occupée a l’obligation d’effectuer un stage de 8 mois dans les Chantiers.
Pour beaucoup des 400 000 jeunes qui effectueront leur formation entre 1940 et 1944, la vie aux Chantiers, peu confortable, est synonyme de travaux éreintants.

Affiche illustrée par Éric Castel, éditée par le secrétariat général de l’Information, 1940 Le redressement de la France au lendemain de la défaite de 1940 est assujetti, pour le maréchal Pétain, à une éducation de la jeunesse, à laquelle il faut inculquer le goût du travail et de la solidarité. Cette affiche présente la figure d’un Gaulois, protégeant un jeune homme en uniforme des Chantiers, inscrivant ce mouvement dans l'histoire glorieuse du pays.

Jean Latreille, 20 ans en 1942
« Je n’ai pas le cafard, mais je m’ennuie ferme. Je suis bien près de croire que les chantiers sont une période à passer, aussi stupide qu’inutile. Enfin, espérons que dans 88 jours ce sera fini. »

CULTURE ET CONTRE-CULTURE DE LA JEUNESSE

Dans le contexte de Révolution nationale, presse, radio et cinéma sont accusés de saper les fondements de la morale.
Les bals du dimanche sont interdits par Vichy comme par les Allemands, au prétexte des troubles que peuvent engendrer tout rassemblement. Parallèlement à cette censure, les associations de scouts, laïques et confessionnelles, comme l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF), la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) et les associations parallèles issues de milieux sociaux différents (JEC, JAC, etc.) attirent un nombre croissant de jeunes. Puissants facteurs d’intégration sociale, elles leur permettent de s’affirmer de façon autonome et dessinent une communauté d’âge, qui existe en dehors du projet politique de Vichy.
Les activités sportives, les sorties culturelles et notamment le cinéma, qui fait salle comble tout au long de la période, offrent d’autres opportunités de rencontres entre jeunes.

Polytechniciens sortant du cinéma Comoedia, avenue Berthelot © Collections École polytechnique

Denise Domenach-Lallich, 18 ans en 1942
« Le cardinal Gerlier a fait un appel pour que les gens ne dansent plus, parce que la danse est une insulte à la souffrance et à la douleur (...). Je ne vois pas bien de quoi il se mêle. Il y a des choses plus urgentes à dire et à faire pour la France et pour ceux qui souffrent. Et puis il y a déjà assez de choses qui nous gâchent la vie sans qu’on vienne encore en rajouter. »

LES JEUNES, RÉSERVOIR DE MAIN-D’OEUVRE POUR L’OCCUPANT

Le travail contraint s’inscrit dans une logique d’exploitation organisée de l’économie française par l’occupant.
Avec les prélèvements financiers, agricoles et industriels, l’exploitation de la main-d’oeuvre est au coeur des tractations entre le Reich et le gouvernement de Vichy. Or les besoins allemands sont immenses comme l’indique les 250 000 hommes réclamés par le Gauleiter Fritz Sauckel à la France en mai 1942. Ces exigences conduisent bientôt Vichy à instaurer la loi du 16 février 1943, assujettissant tous les jeunes Français nés entre 1920 et 1922 à un service du travail obligatoire en Allemagne.
Avec l’instauration du STO prennent fin les efforts de propagande pour encourager au départ en Allemagne.
En photographiant cette affiche placardée sur les murs de Lyon, André Gamet livre un rare témoignage de la campagne inaugurale de recensement. Sur l’ensemble du territoire et de la période, 650 000 jeunes sont concernés par la loi. L’humour, l’esprit de camaraderie et l’amitié seront essentiels pour beaucoup de ces jeunes requis qui vivront durement la séparation d’avec leur famille. Ce ressenti s’accompagne souvent d’un sentiment d’inutilité et d’impuissance à aider les proches restés en France.

Affiche convoquant les jeunes gens des classes 20, 21 et 22 dans le cadre du Service du travail obligatoire, Lyon, février 1943 © André Gamet – Galerie Jane Roberts

 

Joseph Berger, 21 ans en 1943
« Nous nous sommes reconstitué une atmosphère familiale. Ça aide beaucoup à supporter cette vie stupide autant qu’idiote ».

L’ARMÉE DES OMBRES EST UNE ARMÉE D’ENFANTS. DANIEL CORDIER

« L’armée des ombres est une armée d’enfants » écrit Daniel Cordier pour saluer l’importante présence des jeunes dans le phénomène très minoritaire qu’est la Résistance française. Les étudiants y jouent un rôle souvent remarquable, mais ne représentent qu’une frange minime de la jeunesse.
Écoliers, étudiants, ouvriers, paysans, employés, leurs réactions et engagements adoptent des formes variées qui sont celles de leur classe d’âge et de leur milieu.
Les jeunes jouent ainsi un rôle déterminant dans la lutte armée, réalisant sabotages ou coups de mains pour le compte des mouvements ou réseaux. Le Parti communiste crée les premiers groupes de guérilla, bientôt appelés Francs-tireurs et partisans français (FTP), qui recrutent largement au sein de la jeunesse communiste.

Jeune maquisard blessé à la main, 1944 © Émile Rougé, collection Simone Ordan

 

Albert Thévenon, 21 ans en 1943
« Je suis volontaire, je viens lutter aux côtés de mes frères d’Afrique, de mes frères qui résistent à l’intérieur de cette France que nous voulons faire renaître. Je fais partie de la France combattante et j’en suis fier. »

LA JEUNESSE FACE À LA PERSÉCUTION ET À LA RÉPRESSION

La jeunesse paie un lourd tribut à la guerre. Répression et persécution frappent les jeunes pour ce qu’ils font, mais aussi pour ce qu’ils sont.
La persécution dont sont victimes les Juifs concerne aussi les enfants et les adolescents. Àpartir de juin 41, la mention « Juif » est imposée sur les cartes d’identité et, à l’été, un numerus clausus est imposé aux élèves et étudiants juifs dans les établissements scolaires et universitaires. En juin 1942, les Allemands imposent le port de l’étoile jaune en zone occupée dès l’âge de 6 ans.
Si la Résistance a parfois commencé comme un jeu, la quête de sens, l’idéalisme, l’esprit de fierté patriotique, l’opposition chrétienne au nazisme et un certain goût de l’aventure ont rendu possible le passage à l’acte des plus jeunes, en toute connaissance de cause du danger.
Témoignages poignants de cette jeunesse fauchée sous les balles, les dernières lettres de fusillés rendent compte de leur total engagement.

 

Jeanne Tavernier-Ruplinger, 22 ans en 1944
« J’ai pris la ferme décision de reprendre mon activité dès que je pourrai marcher un peu. Même après la Libération, il y aura encore beaucoup à faire et j’ai à venger (surtout cela) mes amis qu’ils m’ont tués. »

COMBATS ET MÉMOIRES DE L’APRÈS-GUERRE

La libération tant attendue suscite des sentiments contradictoires. L’exaltation des débuts est émaillée de violences que font naître la soif de justice et de vengeance. Mais la joie cède bientôt la place à de lourdes déceptions.
L’après-guerre n’orchestre pas la révolution que beaucoup avaient appelée de leurs voeux. Gouvernement et Parlement français se refusent ainsi à abaisser l’âge de la majorité, tout en reconnaissant l’apport décisif des jeunes à la Résistance. Le regard de la société sur les jeunes commence à se modifier sous l’influence du programme du Conseil national de la Résistance, mais la « génération 40 » n’en tirera pas les bénéfices. Les combats menés, débouchant sur une véritable émancipation, ne seront une réalité que pour la génération de leurs enfants.

Denise Domenach-Lallich, 20 ans en 1944
« Je vais avoir 20 ans. Et encore tant de questions sans réponses (…). Par moment, la joie de la libération m’enivre et puis soudain j’ai le sentiment que je marche sur des cadavres. »

PORTRAITS DE JEUNES DANS LA GUERRE
DENISE DOMENACH-LALLICH NÉE EN 1924 UNE JEUNE CHRÉTIENNE COMBATTANTE

Dès 1940, âgée de seize ans, Denise Domenach-Lallich recopie et distribue des tracts, puis des journaux clandestins aux côtés de son frère Jean-Marie.
Agent de liaison, transportant à vélo messages, tracts, armes pour la Résistance lyonnaise, elle rejoint bientôt les Forces unies de la jeunesse. Étudiante à la Faculté des Lettres en octobre 1943, elle fait partie des Jeunes chrétiens combattants avec Gilbert Dru. Membre du comité régional de l’Union des étudiants patriotes, Denise est nommée responsable des Jeunes des Mouvements unis de la Résistance en mai 1944. Recherchée par la Gestapo, elle entre dans la clandestinité. De retour à Lyon après la Libération, elle part rapidement pour Paris où elle est déléguée régionale des jeunes du Mouvement de libération nationale (MLN).

 

JEANNE RUPLINGER 1922-2014 UNE VIE D’ENGAGEMENT

Jeanne Augusta Tavernier naît le 24 janvier 1922 à Saint-Genis-Laval (Rhône). Elle dirige à Lyon le service faux papiers et le service social des Forces unies de la jeunesse (FUJ).
Le 11 juillet 1944, de retour de mission, elle tombe dans un piège consécutif à l’arrestation, quelques jours plus tôt à son domicile, de l’état-major des FUJ. Grièvement blessée par une rafale de mitraillette en tentant de s’échapper, elle est interrogée au siège de la Gestapo par Francis André, dit Gueule tordue, puis emprisonnée à Montluc. Après la libération de la prison, Jeanne est transportée à l’hôpital Grange-Blanche pour y être opérée.

MARCEL DÉPRÈS 1924-1944 UN JEUNE DU PARTI POPULAIRE FRANÇAIS

Orphelin de père et mère, Marcel Déprès rejoint à dix-huit ans en 1942 un groupe d’action du Parti populaire français (PPF), affecté dans un service allemand chargé de poursuivre les réfractaires au STO.
Il participe ainsi à l’arrestation d’une vingtaine de personnes, dépouille deux d’entre elles et tue accidentellement un membre du PPF. Lors de son procès en cour martiale de Lyon, il répond aux questions avec une sincérité désarmante. Pour lui, l’arrestation des réfractaires devait permettre le retour au foyer des pères de famille travaillant en Allemagne. Lorsque le président lui demande, à l’issue d’un bref échange, s’il a quelque chose à dire pour sa défense, Marcel répond « rien ». Il est condamné à la peine de mort le 5 octobre 1944 et fusillé le lendemain.

EZER NAJMAN 1921-2008 UN ÉTRANGER DANS LA RÉSISTANCE

Ezer dit « Gilles » Najman est né en 1921 en Pologne. Il entre dans la Résistance à Lyon dès 1941 et rejoint en 1942 les Groupes de combats juifs, s’occupant de propagande ou de sabotages de lignes de tramway.
En 1943, il rejoint le bataillon FTP-MOI (Main-d’oeuvre immigrée) Carmagnole liberté sous le nom de Gilles Rigault.
Le 12 décembre 1943, vêtu d’un uniforme allemand, il fait partie du groupe qui exécute Jacques Faure-Pinguely, président de la section spéciale de Lyon, responsable de la mort de son camarade Simon Frid le 5 décembre 1943.

OSCAR ROSOWSKY 1923-2014 LE FAUSSAIRE DU CHAMBON-SUR-LIGNON

À l’automne 1942, au Chambon-sur-Lignon, Oscar Rosowsky organise la fabrication de faux papiers pour le sauvetage des Juifs et des résistants, puis des réfractaires au STO. Issu d’une famille juive russe, Oscar a auparavant exercé à deux reprises ses talents de faussaire : pour échapper lui-même à une compagnie de travailleurs étrangers à laquelle il est astreint, puis pour faire sortir sa mère du camp de Rivesaltes où elle est internée. Arrivé au Chambon, Oscar propose très vite à la Résistance locale la création d’une officine de faux papiers. Il décalque sur du papier transparent des cachets authentiques à l’aide d’un tire-ligne et d’une boîte de compas, puis les reproduit grâce à du matériel de reprographie scolaire. Près de 5 000 faux papiers seront ainsi réalisés, à commencer par les siens, indiquant qu’il est né en 1927 (et non 1923), classe d’âge non concernée par le STO.

ALBERT THÉVENON 1922-1944 UN JEUNE AU MAQUIS

Après l’armistice de juin 1940, Albert Thévenon intègre le mouvement Jeunesse et Montagne. Fin février 1943, il participe à une manifestation contre le Service du travail obligatoire à la Tour-du-Pin . Réfractaire, il rejoint l'Aveyron et entre en Résistance. Rapidement remarqué par ses chefs qui lui reconnaissent des qualités de meneur, il se voit confier des opérations contre la Milice et l’occupant. Il est arrêté le 15 juin 1944 lors d’une réunion de l'État-major de la Résistance aveyronnaise. Emprisonné à Rodez, il est torturé et exécuté le 17 août 1944 avec 29 autres prisonniers.

FOCUS : LETTRES DE FUSILLÉS
UNE ARME ULTIME POUR UN COMBAT POSTHUME. PIERRE LABORIE

Les dernières lettres de fusillés rendent compte de la jeunesse et du désir d’absolu de ces combattants. Confiant à ceux qu’il aime ses raisons de vivre et de mourir, le jeune fusillé clame l’amour de sa patrie et fait de sa dernière lettre « une arme ultime pour un combat posthume », comme l’écrit Pierre Laborie.
La Résistance organise la collecte et la diffusion de ces lettres. Diffusées clandestinement, reprises dans des écrits clandestins par des poètes, comme Aragon, lues au micro de la BBC par Maurice Schumann, elles sont inlassablement recopiées tout au long de la période. Partenaire régulier du CHRD, le Musée de la Résistance nationale*
de Champigny-sur-Marne a prêté un ensemble exceptionnel de lettres de fusillés. Parmi elles, figure la lettre authentique de Guy Môquet, dont l’Histoire ne cesse de réactiver la portée, parfois à des fins politiques. Si en 2007, le ministre de l’Éducation nationale en impose la lecture à tous les lycéens, l’émotion suscitée par cette lettre, et celles d’autres martyrs, a un impact réel dès le moment de leur diffusion. Ainsi, un des groupes FTP les plus actifs de Franche-Comté en 1943, composé essentiellement de jeunes militants de la Jeunesse ouvrière chrétienne s’intitule « Compagnie Guy Môquet », en hommage au jeune résistant communiste fusillé comme otage à Châteaubriant en octobre 1941.

 

« Ma petite maman chérie, Mon tout petit frère adoré, Mon petit papa aimé, Je vais mourir ! »
GUY MÔQUET

* Un nouveau Musée de la Résistance nationale à Champigny-sur-Marne
Fin 2019, le MRN installera ses espaces muséographiques, ses activités pédagogiques et sa programmation culturelle dans le bâtiment Aimé-Césaire, en bord de Marne, proche du centre-ville et de la future gare Champigny-centre du métro Grand Paris express. Grâce à une très riche collection, la nouvelle exposition permanente du MRN mettra en avant tous les aspects et tous les enjeux de l’histoire et de la mémoire de la Résistance. Dans le même temps, l’espace actuel – site Jean-Louis Crémieux-Brilhac – après reconfiguration, sera dédié à la documentation, à la recherche et à la conservation de la collection.

SCÉNOGRAPHIE

Après Puisque le ciel est sans échelle en 2015, Rêver d’un autre monde en 2016, l’atelier Scénorama signe avec Génération 40 sa troisième réalisation pour le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation.
La scénographie se met pleinement au service du sujet, dont elle dévoile les différentes facettes de façon progressive et immersive. L’ensemble s’articule autour de la thématique de la route et du chemin, que l’on choisit ou non d’emprunter, impulsant une dynamique de mouvement propre à la classe d’âge étudiée. Le dessin sinueux du mobilier et la présence de bicyclettes contribuent à filer la métaphore.
La scénographie déploie plusieurs niveaux de lecture :
• une approche descriptive et analytique des objets et documents,
• Une incursion dans la vie d’une jeune fille avec les pages d’un journal que le visiteur reconstitue au fil de la visite,• L’animation de grands portraits photographiques qui campent
la présence des jeunes au sein
du parcours,
• Des cabinets d’écoute qui livrent
de nombreux témoignages issus de la collection du musée ou spécialement recueillis pour l’exposition.
L’habillage graphique unifie ces différents niveaux de lecture, en livrant une vision presque théâtrale de l’espace. Les couleurs rouge et bleu, choisies pour leurs valeurs culturelles, varient d’intensité selon la séquence abordée. Elles provoquent une vibration de la lumière, entre le chaud et le froid, l’émotion et la violence et trouvent un écho dans le choix de la typographie et les jeux de superposition qu’elle permet.

AUTOUR DE L’EXPOSITION
LES JEUNES ET LA POLITIQUE DE VICHY.
LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE
CONFÉRENCE

La jeunesse est au centre des intentions politiques de Vichy car elle représente pour Pétain le fer de lance de la Révolution nationale. Ainsi, au sein des nouvelles organisations juvéniles vichystes, les Chantiers de la jeunesse symbolisent le projet idéologique de Vichy. Service civique obligatoire de huit mois (uniquement en zone libre) pour les jeunes de 20 ans, les Chantiers entre juillet 1940 et juin 1944 mobiliseront au total près de 400 000 jeunes.

Par Christophe Pécout
Historien du sport et maître de conférences à l’Université de Rouen, CETAPS (EA 3832)
28 novembre à 18h30

LA HITLER-JUGEND, JEUNESSE HITLÉRIENNE.
UNE JEUNESSE EMBRIGADÉE, COMPLICE, VICTIME
CONFÉRENCE

Cette conférence reviendra sur l’histoire de la Hitlerjugend, mouvement de jeunesse du parti nazi jusqu’en 1933, organisation étatique après la prise du pouvoir, et, de plus en plus, instrument de la militarisation de la jeunesse au service de la guerre, jusqu’aux derniers jours de combat, au printemps 1945, dans une Allemagne envahie de toute part.

Par Jean Solchany
Professeur d’histoire contemporaine à l’IEP de Lyon et membre du LARHRA
5 décembre à 18h30

ÉDUCATION ET ENSEIGNEMENT DES ANNÉES 1930 JUSQU’À LA LIBÉRATION
CONFÉRENCE

Approcher l’éducation des jeunes des années 1930 à l’immédiat après-guerre, c’est envisager non seulement leur condition d’élèves au sein d’un système scolaire en mutation, mais également leur statut social, en tant que « jeunes ».
À l’heure de l’obligation scolaire fixée à 14 ans en 1936, la « démocratisation » est en marche. Toutefois, ces deux décennies voient encore deux jeunesses, l’une populaire, marquée par le travail dès 14 ans, l’autre bourgeoise, qui connaît le lycée et l’université. Aux clivages de classe s’ajoutent ceux du genre, filles et garçons étant éduqués en fonction des rôles sociaux distincts qu’ils auront à remplir.

Par Marianne Thivend
Historienne spécialiste de l’histoire de l'éducation, des femmes et du genre et maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’Université Lyon 2 – LARHRA
13 décembre à 18h30

GRIS
SPECTACLE

Basé sur des témoignages d’habitants de Villeurbanne sous l’Occupation, Gris est un spectacle immersif. Placé au coeur de l’action par un dispositif scénique original, le spectateur plonge dans une époque trouble où l’engagement ne peut être le fait que du quotidien et où se taire et se méfier devient le mot d’ordre.

En partenariat avec le Rize et la compagnie En Acte(s)
Du 17 novembre au 1er décembre
au Rize, Villeurbanne

GUERRE. ET SI ÇA NOUS ARRIVAIT ?
SPECTACLE

Lecture-spectacle qui interroge notre rapport à la guerre et à ses conséquences directes sur nos vies. Par un jeu subtil de miroir, les rôles s’inversent : le spectateur vit le parcours d’un adolescent français et de sa famille confrontée à l’exil, éprouvant l’ampleur du déracinement, les difficultés de l’intégration, la perte d’identité et de repères, l’incapacité à trouver sa place, l’impossibilité d’aller à l’école ou de trouver un travail. Comme un avertissement à nos sociétés et à nous-mêmes, pour saisir ce qui fait le prix de nos démocraties.
24 octobre à 14h30
à partir de 12 ans

SOPHIE SCHOLL RÉSISTANCE D’UNE JEUNESSE
SPECTACLE

En Allemagne, juin 1942, des jeunes gens se dressent contre le régime nazi d’Adolf Hitler. Ils fondent un réseau clandestin qu’ils appellent la Rose blanche. Février 1943, après avoir lancé des tracts dans la cour intérieure de l’université de Munich, Sophie Magdalena Scholl est dénoncée à la Gestapo. Elle est emprisonnée, interrogée et jugée pour haute trahison.

15 décembre à 16h à partir de 12 ans

 

Ceinture de Joseph Chwalsky Âgé de 19 ans, Joseph participe avec sa mère aux actions du réseau POWN Monika, à Roche-la-Molière dans la Loire. Outre la récupération d’armes et d’argent distribués par parachutage, tous deux hébergent dans leur ferme, située à l’écart du quartier des mineurs de Beaulieu, des « radios » polonais. Repérés ou dénoncés, Joseph, le « radio » et deux voisins étrangers à l’affaire sont arrêtés par la Gestapo au petit matin du 26 avril 1944. Transférés au siège de la Gestapo de Saint-Étienne, ils sont internés dès le lendemain à la prison de Montluc. Joseph est extrait de sa cellule le 16 juin 1944 et conduit avec vingt-sept autres personnes, dont Marc Bloch, à Saint-Didier-de-Formans (Ain) où tous sont fusillés. Marquée de ses cinquante-trois jours de détention au sein de la prison, la ceinture de Joseph Chwalsky constitue l’un des rares souvenirs matériels du jeune homme. Collection CHRD, Ar. 1902 (don Henri Gatka) © Pierre Verrier

Ceinture de Joseph Chwalsky Âgé de 19 ans, Joseph participe avec sa mère aux actions du réseau POWN Monika, à Roche-la-Molière dans la Loire. Outre la récupération d’armes et d’argent distribués par parachutage, tous deux hébergent dans leur ferme, située à l’écart du quartier des mineurs de Beaulieu, des « radios » polonais. Repérés ou dénoncés, Joseph, le « radio » et deux voisins étrangers à l’affaire sont arrêtés par la Gestapo au petit matin du 26 avril 1944. Transférés au siège de la Gestapo de Saint-Étienne, ils sont internés dès le lendemain à la prison de Montluc. Joseph est extrait de sa cellule le 16 juin 1944 et conduit avec vingt-sept autres personnes, dont Marc Bloch, à Saint-Didier-de-Formans (Ain) où tous sont fusillés. Marquée de ses cinquante-trois jours de détention au sein de la prison, la ceinture de Joseph Chwalsky constitue l’un des rares souvenirs matériels du jeune homme. Collection CHRD, Ar. 1902 (don Henri Gatka) © Pierre Verrier

Autorisation de circuler accordée à Jeanne Tavernier par les FFI (Forces françaises de l’intérieur) Grièvement blessée par la police allemande dans une souricière qui conduit à la mort tous ses camarades, Jeanne Tavernier signe dès sa sortie de l’hôpital, en septembre 1944, un engagement dans les Forces françaises de l’intérieur. Celle qui dirigea le Service faux papiers et le service social des Forces unis de la jeunesse, puis devint permanente au service faux papiers des Mouvements unis de la Résistance (MUR), ne cessera sa vie durant de militer pour la mémoire des jeunes gens assassinés. Collection CHRD

Autorisation de circuler accordée à Jeanne Tavernier par les FFI (Forces françaises de l’intérieur) Grièvement blessée par la police allemande dans une souricière qui conduit à la mort tous ses camarades, Jeanne Tavernier signe dès sa sortie de l’hôpital, en septembre 1944, un engagement dans les Forces françaises de l’intérieur. Celle qui dirigea le Service faux papiers et le service social des Forces unis de la jeunesse, puis devint permanente au service faux papiers des Mouvements unis de la Résistance (MUR), ne cessera sa vie durant de militer pour la mémoire des jeunes gens assassinés. Collection CHRD

Portrait par Aat Breur-Hibma de Jeannine Lejard sur son lit de mort et ourson lui ayant appartenu Jeannine Lejard est née à Dijon en août 1927. Son père, ouvrier métallurgiste, militant au Parti communiste, est arrêté par les services de police allemands le 22 juin 1941 puis déporté à Auschwitz, Sachsenhausen, Kochendorf et enfin Dachau, où il est libéré le 29 avril 1945. Tandis que sa mère héberge des clandestins, Jeannine, engagée dans les Jeunesses communistes, intègre le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Elle devient rapidement agent de liaison inter-régional, d’abord entre Paris, Reims, Troyes et Dijon, puis entre Paris et Bordeaux. Arrêtée avec son responsable à Paris en juin 1944, elle est transférée à la prison de Bordeaux, déportée à Dachau puis à Ravensbrück. Elle y décède le 15 avril 1945, dans sa 18e année. Collection Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon © Pierre Verrier

Portrait par Aat Breur-Hibma de Jeannine Lejard sur son lit de mort et ourson lui ayant appartenu Jeannine Lejard est née à Dijon en août 1927. Son père, ouvrier métallurgiste, militant au Parti communiste, est arrêté par les services de police allemands le 22 juin 1941 puis déporté à Auschwitz, Sachsenhausen, Kochendorf et enfin Dachau, où il est libéré le 29 avril 1945. Tandis que sa mère héberge des clandestins, Jeannine, engagée dans les Jeunesses communistes, intègre le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Elle devient rapidement agent de liaison inter-régional, d’abord entre Paris, Reims, Troyes et Dijon, puis entre Paris et Bordeaux. Arrêtée avec son responsable à Paris en juin 1944, elle est transférée à la prison de Bordeaux, déportée à Dachau puis à Ravensbrück. Elle y décède le 15 avril 1945, dans sa 18e année. Collection Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon © Pierre Verrier

Croix de Lorraine gravée « Vive De Gaulle » Élisabeth Friang (1924-2011) doit son renvoi du Lycée Molière à une croix de Lorraine au bout d’une cordelette tricolore qu’elle grave d’un « Vive De Gaulle » en plein cours. Deux ans plus tard, en août 1943, elle devient, sous le nom de Brigitte, l’adjointe du responsable du Bureau des opérations aériennes (BOA) pour le Nord-Ouest de la France. Arrêtée par la Gestapo et grièvement blessée par balle le 21 mars 1944 à Paris, elle est déportée à Ravensbrück à l’âge de 21 ans. Collection Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne © Pierre Verrier

Croix de Lorraine gravée « Vive De Gaulle » Élisabeth Friang (1924-2011) doit son renvoi du Lycée Molière à une croix de Lorraine au bout d’une cordelette tricolore qu’elle grave d’un « Vive De Gaulle » en plein cours. Deux ans plus tard, en août 1943, elle devient, sous le nom de Brigitte, l’adjointe du responsable du Bureau des opérations aériennes (BOA) pour le Nord-Ouest de la France. Arrêtée par la Gestapo et grièvement blessée par balle le 21 mars 1944 à Paris, elle est déportée à Ravensbrück à l’âge de 21 ans. Collection Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne © Pierre Verrier

Bob Nant au fusil mitrailleur Cette photographie du jeune Bob Nant derrière son fusil mitrailleur illustre la reprise en main du maquis du Haut-Beaujolais par le militaire de carrière Dominique Zannini. Composé au départ d’une trentaine de jeunes gens inexpérimentés et peu armés, le maquis grossit rapidement avec l’arrivée de recrues issues des Chantiers de la jeunesse. Le « bataillon Dominique » comptera jusqu’à 300 hommes, immortalisés par un jeune photographe du Progrès venu les rejoindre à l’été 1944. Collection Dominique Zannini

Bob Nant au fusil mitrailleur Cette photographie du jeune Bob Nant derrière son fusil mitrailleur illustre la reprise en main du maquis du Haut-Beaujolais par le militaire de carrière Dominique Zannini. Composé au départ d’une trentaine de jeunes gens inexpérimentés et peu armés, le maquis grossit rapidement avec l’arrivée de recrues issues des Chantiers de la jeunesse. Le « bataillon Dominique » comptera jusqu’à 300 hommes, immortalisés par un jeune photographe du Progrès venu les rejoindre à l’été 1944. Collection Dominique Zannini

Guy Môquet Collection Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne, fonds Saffray-Môquet Dernière lettre de Guy Môquet, écrite au camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941 Collection Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne, fonds Saffray-Môquet © Pierre Verrier

Guy Môquet Collection Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne, fonds Saffray-Môquet Dernière lettre de Guy Môquet, écrite au camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941 Collection Musée de la Résistance nationale, Champigny-sur-Marne, fonds Saffray-Môquet © Pierre Verrier

En route vers l'auberge de jeunesse, 1937 Photographe et chanteur, membre de la chorale de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires en 1935, Pierre Jamet (1910-1990) livre des années trente une vision résolument optimiste et joyeuse. Engagé dans l’aventure des Auberges de jeunesse, moniteur puis directeur d’une colonie de vacances à Belle-Île-en-mer, ses images célèbrent la beauté de la jeunesse, la fraternité et l’enthousiasme d’un monde encore plein de promesses. © Pierre Jamet

En route vers l'auberge de jeunesse, 1937 Photographe et chanteur, membre de la chorale de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires en 1935, Pierre Jamet (1910-1990) livre des années trente une vision résolument optimiste et joyeuse. Engagé dans l’aventure des Auberges de jeunesse, moniteur puis directeur d’une colonie de vacances à Belle-Île-en-mer, ses images célèbrent la beauté de la jeunesse, la fraternité et l’enthousiasme d’un monde encore plein de promesses. © Pierre Jamet

Le grand saut. Belle-île en mer, 1938 Photographe et chanteur, membre de la chorale de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires en 1935, Pierre Jamet (1910-1990) livre des années trente une vision résolument optimiste et joyeuse. Engagé dans l’aventure des Auberges de jeunesse, moniteur puis directeur d’une colonie de vacances à Belle-Île-en-mer, ses images célèbrent la beauté de la jeunesse, la fraternité et l’enthousiasme d’un monde encore plein de promesses. © Pierre Jamet

Le grand saut. Belle-île en mer, 1938 Photographe et chanteur, membre de la chorale de l’Association des Ecrivains et Artistes Révolutionnaires en 1935, Pierre Jamet (1910-1990) livre des années trente une vision résolument optimiste et joyeuse. Engagé dans l’aventure des Auberges de jeunesse, moniteur puis directeur d’une colonie de vacances à Belle-Île-en-mer, ses images célèbrent la beauté de la jeunesse, la fraternité et l’enthousiasme d’un monde encore plein de promesses. © Pierre Jamet

Émile Rougé (1900-1974) Groupe d’enfants sur la route de l’exode, Lyon, juin 1940 L’exode de mai et juin 1940 jette sur les routes près de six millions de personnes. Le premier départ, en mai, concerne les Belges et les populations du Nord. Le second, en juin, se déroule dans une atmosphère de chaos après la bataille de la Somme et la défaite. Les bombardements sur les routes et dans les villes provoquent la panique. Les familles sont séparées et de nombreux enfants et adolescents sont perdus. Très vite, des avis de recherches paraissent dans les journaux de province, avant de paraître en pleines pages illustrées de photographies dans la presse féminine. © Émile Rougé, collection Simone Ordan

Émile Rougé (1900-1974) Groupe d’enfants sur la route de l’exode, Lyon, juin 1940 L’exode de mai et juin 1940 jette sur les routes près de six millions de personnes. Le premier départ, en mai, concerne les Belges et les populations du Nord. Le second, en juin, se déroule dans une atmosphère de chaos après la bataille de la Somme et la défaite. Les bombardements sur les routes et dans les villes provoquent la panique. Les familles sont séparées et de nombreux enfants et adolescents sont perdus. Très vite, des avis de recherches paraissent dans les journaux de province, avant de paraître en pleines pages illustrées de photographies dans la presse féminine. © Émile Rougé, collection Simone Ordan

Jeune. Pour toi. Pour les tiens. Pour nos prisonniers. Exerce un bon métier en contribuant à la Relève Affiche, 1942 Les libérations de prisonniers sont interprétées comme autant de preuves de l’efficacité du gouvernement de Vichy. Objet d’une négociation entre Pierre Laval et le Gauleiter Fritz Sauckel, la Relève établit le principe d’un prisonnier libéré en échange de trois ouvriers spécialisés. S’appliquant exclusivement aux hommes de troupe, elle concernera moins de 100 000 prisonniers. Collection CHRD, A 179

Jeune. Pour toi. Pour les tiens. Pour nos prisonniers. Exerce un bon métier en contribuant à la Relève Affiche, 1942 Les libérations de prisonniers sont interprétées comme autant de preuves de l’efficacité du gouvernement de Vichy. Objet d’une négociation entre Pierre Laval et le Gauleiter Fritz Sauckel, la Relève établit le principe d’un prisonnier libéré en échange de trois ouvriers spécialisés. S’appliquant exclusivement aux hommes de troupe, elle concernera moins de 100 000 prisonniers. Collection CHRD, A 179

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L
Très intéressant, c'est juste dommage que vous ne citiez pas votre source : le dossier de presse que l'on trouve sur le site du CHRD de Lyon, que vous recopiez intégralement.
Il manque seulement les pages 22-23 sur le journal d'Hélène Berr. Est-ce un oubli ?
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L
L'agence de communication me donne un dossier, des photos certaines du dossier, d'autres non. Ici j'ai trouvé que l'information étaient bien et méritaient d'être complet. Alors s'il manque la page 22-23 c'est que je ne l'avais pas. Mais si vous l'avez je rajouterai avec plaisir en passant par le contact du blog.
Bien cordialement
C
Très bel article, très intéressant et bien écrit. A bientôt. Bises
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L
Merci beaucoup pour cette première visite
P
Une fort intéressante évocation de cette période trouble de notre pays....
j'ai souvent entendu parler de Guy Moquet, étant souvent allé avec mes parents à Chateaubriant lors des cérémonies d'hommage aux "50 otages".
..bonne soirée
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L
Très bien
M
des moments qui ont dû être difficiles pour tous.....j'espère ne jamais voir tout ça....et que ça préserve les générations plus jeunes....passe un doux dimanche
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L
Moi aussi
C
Beau reportage! Ça devait être bien difficile pour ces jeunes! Bon dimanche !
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L
Pas facile mais pas le choix
T
magnifique reportage
Répondre
L
Merci beaucoup
E
Bien à visiter bonne soirée bisous
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L
Je le pense
C
Bonsoir Christian,
Un bel article et bien des noms, des lieux ne me sont pas inconnus, comme le Comoedia qui existe toujours et non loin du DHRD que j'avais visité, il a été complètement rénové, il faudra que j'y retourne. Guy Môquet, je me souviens des cérémonies en son honneur devant le domicile familliale à Paris. Gilles Dru, a une rue et une école à son nom près de chez moi à Lyon.
Bonne soirée
@mitié
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L
C'est ta ville aussi
P
Merci de nous parler de cette expo c'est à Lyon ?
Bonne soirée
Répondre
L
Oui à Lyon
M
Un superbe reportage contre la trace qui s'efface !!
Répondre
L
C'est bien le but de mon blog
E
Encore un endroit que je ne connaissais pas . ni de nom d'ailleurs .

CHRD ? C'est à Lyon ?
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L
Une partie en tout cas
R
De belles images de cette époque
Répondre
L
Je le pense bien
T
Salut
Bravo pour ce travail de recherche pour un article qui explique bien le rôle de la jeunesse .
Pas marrant d'après ce que j'ai entendu de mon père.
Et puis tout dépend où l'on était , en ville ou à la campagne.
Bonne journée
Répondre
L
Je ne pense pas que l'un était meilleur que l'autre
Z
Un très beau reportage sur cette période que nos parents ont vécu. Merci Christian.
Bises et bon weekend
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L
Oui mais mes grands pour moi, mais si peu connu.
D
Super reportage : n'oublions pas ...
Après une petite coupure d'Internet ...
Je te souhaite un bon week end, cher christian ♥
Pour moi, départ demain pour des vacances dans mon petit paradis ...
Pour je ne sais pas combien de temps !
Tout va dépendre des résultats pour ma thyroïde.
Mais, de toutes façons, je pars ... On avisera plus tard.
Je te dis donc à ... je ne sais pas : mon blog préviendra de mon retour.
Gros bisoux qui sautent de joie !
Répondre
L
Merci beaucoup pour mon article
J
C'est bien de ne pas oublier, non pas passéisme mais pour tenter de construire un futur.
Mon papa à moi m'a tellement parlé de sa jeunesse dans cette période ...
Répondre
L
Comme beaucoup

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