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Tal Coat (1905-1985) - En devenir Musée de Pont-Aven

Publié par Lemenuisiart sur 9 Février 2019, 06:53am

Catégories : #exposition, #tal coat, #Morbihan, #Pont-Aven, #peinture, #presse, #C'est grâce à vous

Huile sur toile 1934 H. 130 ; l. 163 cm S.D.b.d. Collection de Bueil & Ract-Madoux, Paris © Thomas Hennocque / ADAGP, Paris 2019

Huile sur toile 1934 H. 130 ; l. 163 cm S.D.b.d. Collection de Bueil & Ract-Madoux, Paris © Thomas Hennocque / ADAGP, Paris 2019

Tal Coat (1905-1985) - En devenir - Au Musée de Pont-Aven
du 1er février au 10 juin 2019
 

Le Musée de Pont-Aven présente, en partenariat avec le Domaine départemental de Kerguéhennec en Morbihan, une exposition temporaire consacrée à l’artiste Pierre Tal Coat, né en Bretagne au début du siècle dernier, dans la région de Pont-Aven, intitulée Tal Coat (1905-1985) en devenir, du 1er février au 10 juin 2019.
Le parcours permanent du nouveau Musée de Pont-Aven présente la révolution artistique initiée par les théories de Paul Gauguin et Émile Bernard à la fin du XIXe siècle. Cette étape majeure ouvre la voie à de nouvelles esthétiques et notamment à l’abstraction, au XXe siècle. Une exposition rétrospective sur l’oeuvre de Tal Coat est l’occasion de valoriser un travail artistique trop méconnu du grand public.
Né à Clohars-Carnoët, près de Pont-Aven, Pierre Tal Coat, né Jacob (1905-1985), dit “Tal Coat”, est fils de pêcheur. D’abord apprenti forgeron, une bourse lui permet de devenir brièvement clerc de notaire, à Arzano (Finistère). En 1924, il est mouleur et peintre sur céramique à la faïencerie Henriot. A Paris, il travaille à la manufacture de Sèvres et comme modèle à l’Académie de la Grande Chaumière. Après ces divers métiers, il devient artiste autodidacte.
Au Louvre, il étudie l’art des grands maîtres des écoles françaises et italiennes du XVIe siècle, ce qui influencera son approche de l’espace. Henri Bénézit, jeune collaborateur puis directeur de la Galerie Fabre, est séduit par ses dessins et pastels.
Ce dernier organise une première exposition en1927. C’est à cette occasion que Pierre Jacob choisit le nom de TAL COAT (“front de bois”), afin d’éviter la confusion avec Max Jacob. Dès lors, il s’installe à Paris et rencontre notamment Félix Fénéon, Ernest Hemingway, Francis Picabia, les frères Giacometti, Gertrude Stein. Le portrait de cette dernière remporte le prix Paul Guillaume, en 1936. En 1940, démobilisé, il part en Provence avec des amis artistes sur les pas de Cézanne. Son expression artistique prend alors un tour plus concis et ses compositions se construisent sur de grands rythmes. En 1957, il se fixe à Forges-les-bains (Essonne). Ses expositions se multiplient à travers le monde : Paris, Londres, New York, Berlin, Tokyo, etc. Il accompagne de ses dessins les poèmes d’André du Bouchet et, en 1968, reçoit le Grand Prix National des Arts. Une importante rétrospective lui est consacrée, en 1976, à Paris, au Grand Palais. Au contact de la nature tumultueuse des environs d’Aix-en-Provence et de la montagne Sainte-Victoire, son art se transforme profondément, la figure étant progressivement incorporée au paysage comme en témoigne la suite des Profils sous l’eau. Dans les années 50, sa peinture se libère complètement des conventions de la composition classique et de l’espace pictural hérité de la Renaissance. Les éléments semblent fusionner dans un même mouvement, toujours en expansion. Au début des années 60, Tal Coat s’installe à Dormont, non loin de Giverny, dans la vallée de la Seine. C’est là qu’il accomplit pleinement son oeuvre, après de profondes remises en cause qui déconcertent souvent ses contemporains, y compris ses plus fervents admirateurs. La liberté de peindre est à ce prix. Dans cette dernière période, il produit un ensemble d’oeuvres (peintures, dessins, gravures) qui n’ont aucun équivalent dans l’histoire de l’art et qui font de lui l’égal des plus grands.
Cette exposition est organisée en partenariat avec le Domaine départemental de Kerguéhennec, en Morbihan, qui conserve un fonds de 1200 oeuvres de Tal Coat dont plus de 400 gravures et 500 dessins. Le Musée de Pont-Aven, par cette exposition, entend poursuivre son projet scientifique et culturel en approfondissant et diffusant la connaissance sur les artistes attachés à la Bretagne et imprégnés des théories modernes de l’art. Cette rétrospective permet de présenter une sélection de 70 oeuvres (63 peintures, 4 oeuvres d’arts graphiques, 3 sculptures), certaines inédites, dont une grande partie provient du fonds conservé par le Conseil Départemental du Morbihan, de collections publiques et de particuliers. Un catalogue de 168 pages est édité par Locus Solus pour l’occasion. Toutes les oeuvres de l’exposition y sont reproduites. La scénographie est réalisée par Éric Morin, auteur de nombreuses scénographies notamment au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture à Landerneau et dans plusieurs musées et centre d’art de Bretagne.

[Passant] Huile sur toile 1957-1958 H. 97 ; l. 130 cm M.b.d. Collection particulière, Lyon © Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019

[Passant] Huile sur toile 1957-1958 H. 97 ; l. 130 cm M.b.d. Collection particulière, Lyon © Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019

Repères chronologiques

1905 - Pierre Jacob, dit “Tal Coat”, naît le 12 décembre à Clohars Carnoët (29).
Fils de marin-pêcheur, il passe son enfance entre forêt et océan.
1923 - Il devient clerc de notaire. Il admire Paul Gauguin et fréquente les artistes installés à Pont-Aven et au Pouldu.
1925 - Modèle à l’Académie de la Grande Chaumière, à Paris, il est aussi mouleur à la Manufacture de Sèvres. Il rencontre Broncia Lewandowska, couturière polonaise née en Amérique, qui deviendra son épouse.
1926 - Pierre Jacob prend le pseudonyme Tal Coat (“Front de bois” en breton) à l’occasion de sa première exposition à la galerie Fabre à Paris, dirigée par Henri Bénézit.
1932 - Tal Coat rencontre Ernest Hemingway, Francis Picabia, Léo et Gertrude Stein. Il noue une étroite amitié avec Alberto et Diego Giacometti.
1936 - A la suite d’un voyage en Provence, Tal Coat rencontre Picasso et peint de nombreux portraits. En réaction à la guerre civile espagnole, il réalise la série des Massacres.
1940 - Démobilisé, Tal Coat rejoint Xavière Angeli à Aix-en-Provence qu’il épousera en 1951.
1942 - Naissance de sa fille Pierrette.
1943 - Tal Coat s’installe à Château Noir, sur la route du Tholonet (13). Il effectue de longues marches sur les sites “cézanniens” tels que la Montagne-Sainte-Victoire.

1943-1950 - Tal Coat expose régulièrement à la Galerie de France, à Paris.
A partir de juin 1945. A Paris, il loue un atelier rue Brézin, à Montparnasse. Il dessine à l’aquarium du Trocadéro et au Jardin des Plantes.
1947 - Tal Coat participe à l’exposition Painting in France, 1939-1946, au Whitney Museum, à New York.
1949 - Léo Marchutz imprime l’album de 22 lithographies de Tal Coat : éléments de nature.
1950 - La “grande mutation” (Jean Leymarie) de sa peinture est révélée lors de l’exposition de ses oeuvres récentes à la Galerie de France, ce qui déconcerte la critique.
Entre 1953 et 1963, Il expose régulièrement à la galerie Maeght et participe à de nombreuses expositions internationales : à New York, Venise, Berne, Pittsburgh, Tokyo et Londres.
1959 - Les éditions Maeght publient Sur le pas, poèmes d’André du Bouchet, illustré d’aquatintes de Tal Coat.
1961 - Tal Coat s’installe à la “Chartreuse” de Dormont, à Saint-Pierre-de-Bailleul (Eure), près de Vernon, et se questionne sur sa peinture qui connaît une nouvelle évolution. Elle est qualifiée d’abstraite alors qu’elle est toujours inspirée par des “choses vues”.

1963 - Tal Coat réalise une importante mosaïque sur l’enceinte de la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence.
1968 - Rétrospective dans trois galeries parisiennes : Bénézit, Beno d’Incelli et Schoeller. Grand Prix National des Arts.
1970 - Décès de sa femme Xavière.
A partir de 1970 - Tal Coat expose à la galerie Maeght (Zurich) et à la galerie Benador (Genève), ainsi qu’à la galerie L’entracte, que dirige Françoise Simecek, à Lausanne. Séjours réguliers à Saint-Prex, en Suisse, à Aix, dans la Drôme et les Pyrénées.
1973 - Naissance de son petit-fils Xavier, désormais en charge du catalogue raisonné (peintures et études à l’huile).
1974 - Rétrospective au musée de Metz, puis au musée de l’état de Luxembourg. L’année suivante, cette exposition est présentée au Japon, au Musée Royal d’Ueno à Tokyo, en remerciement du prêt de La Joconde. Tal Coat expose à la galerie Maeght, à Zurich.
1975 - Les livres illustrés, Laisses (1975) puis Sous le linteau en forme de joug (1978) d’André du Bouchet et Tal Coat, sont édités par Françoise Simecek. Tal Coat souffre d’artérite et se fait opérer du pied, ce qui restreint sa mobilité.
1976 - Rétrospective aux Galeries Nationales du Grand-Palais, à Paris. Tal Coat pratique activement l’aquarelle, le lavis et la gravure. La lumière pénètre toujours davantage sa peinture.
1985 - Tal Coat meurt le 11 juin à la Chartreuse de Dormont.

Autoportrait Huile sur toile marouflée sur panneau de bois parqueté 1943 H. 27,2 ; l. 19,5 cm S.b.d Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

Autoportrait Huile sur toile marouflée sur panneau de bois parqueté 1943 H. 27,2 ; l. 19,5 cm S.b.d Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

Tal Coat (1905-1985) - En devenir
Le Musée de Pont-Aven, en partenariat avec le Domaine départemental de Kerguéhennec, en Morbihan, rend hommage à Pierre Tal Coat (“front de bois” en breton), né Pierre Jacob en 1905, à Clohars-Carnoët, et mort en Normandie en 1985. Tout au long de sa vie, il s’est consacré à la quête d’une nature indicible, mouvante dont l’art constitue pour lui le médium expressif.
Son goût pour la peinture et le dessin remonte à sa prime jeunesse lorsque, dès 12 ans, il dessine et sculpte. Plusieurs métiers en prise avec la matière confirmeront ensuite sa véritable vocation d’artiste : apprenti forgeron, peintre céramiste ou mouleur à la faïencerie de Quimper. La proximité de Pont-Aven, les artistes qui y séjournent et son admiration pour Paul Gauguin renforcent son attrait pour l’art.
En 1924, arrivant à Paris, il devient modèle à l’Académie de la Grande Chaumière. Sa rencontre avec Auguste Fabre et Henri Bénézit, directeurs de la galerie Fabre, s’avère décisive pour sa carrière. L’exposition “Tal Coat (1905-1985) - En devenir” retrace les différentes périodes de création qui ont marqué son parcours : ses années de formation où les compositions, plutôt figuratives, témoignent d’une progressive maturation ; la série des Massacres, en 1936, est inspirée par la guerre d’Espagne ; la période à Aix-en-Provence est marquée par l’influence palpable de Cézanne ou de Picasso ; l’après-Guerre constitue ensuite un tournant ; 1950 – 1970, sont les années de la reconnaissance ; enfin, 1970 à 1985, est la période du plein accomplissement.

Les Raies Huile sur toile 1927 H. 55 ; l. 46 cm S.b.d Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

Les Raies Huile sur toile 1927 H. 55 ; l. 46 cm S.b.d Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

La maturation (1930-1940)
Cette période se caractérise par un travail encore figuratif : arlequins, musiciens, masques, raies et squelettes de poissons. En quête d’un art absolu, Tal Coat dessine régulièrement afin d’exercer la souplesse de ses mains et peint lentement, préparant soigneusement ses fonds.
L’année 1930 marque la fin du contrat avec Henri Bénézit et une période de difficultés financières. Outre les longs voyages à pied qu’il réalise dans la nature, il participe à des dîners parisiens lors desquels il fera la connaissance de Gertrude Stein, Francis Picabia ou encore Alberto Giacometti. En 1936, il obtient le Prix Paul Guillaume pour son Portrait de Gertrude Stein (collection Département du Morbihan). Cette même année, il rencontre Picasso à Aix. Intensifiant ses visites au Louvre, il s’imprègne de l’iconographie du Moyen-Âge, sa peinture se faisant alors plus austère.

Massacres Huile sur contreplaqué 1936 H. 25 ; l. 35,5 cm S.b.d. Collection particulière, Lyon © Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019

Massacres Huile sur contreplaqué 1936 H. 25 ; l. 35,5 cm S.b.d. Collection particulière, Lyon © Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019

Les Massacres (1936)
En 1936, lors de son premier voyage en Provence, Tal Coat rencontre Picasso. Cette année-là, il conçoit une série de tableaux inspirés par les horreurs perpétrées à l’encontre des populations lors de la guerre d’Espagne. Puisant dans le vocable de ses portraits aux touches nerveuses, une dimension tragique se dégage des compositions. La référence à des événements extérieurs est une exception dans sa création. Les figures déshumanisées et les crânes géométrisés prennent une tournure macabre dans des dessins aux traits griffés, enchevêtrés, qui rappellent ceux de Giacometti ou de Gruber qu’il côtoyait à l’époque. Le jeu chromatique aux tons stridents et la tension nerveuse des formes graphiques se mettent au service d’un art quasi expressionniste cherchant à révéler la violence et l’horreur dans laquelle toute l’Europe s’est empêtrée.  Il précisera à ce sujet : « j’ai évoqué la guerre d’Espagne à partir de ma propre vie. Les paysages des Massacres sont d’ailleurs ceux de Bretagne, le vert c’est le pré, la forêt, ce qui est tendre ; le rouge n’est pas forcément le sang, il peut être un vêtement, mais le thème des Massacres, c’est aussi ma révolte contre l’injustice en rapport avec l’histoire et avec mon expérience d’enfant de la guerre.” (source : Tal Coat cité par Raoul Jean-Moulin, “Aussi loin que remonte le cours…”, Tal-Coat, catalogue d’exposition du Grand Palais, 1976, Paris, p. 16.).

Paysage de Doëlan Huile sur toile 1937 H. 79,5 ; l. 97,5 cm S.b.d. Collection particulière, Lyon © Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019

Paysage de Doëlan Huile sur toile 1937 H. 79,5 ; l. 97,5 cm S.b.d. Collection particulière, Lyon © Pierre Aubert / ADAGP, Paris 2019

La période d’Aix-en-Provence (1941-1956)
Les années à Aix-en-Provence se révèlent riches et décisives pour l’artiste. Délaissant la scène artistique parisienne, il exécute de nombreuses natures mortes aux fruits pulpeux et gorgés de soleil aux couleurs plus intenses. Des sujets d’intérieurs, nus érotiques ou autoportraits se multiplient. En 1943, Tal Coat est invité à occuper une partie de Château-Noir sur la route du Tholonet, lieu où il vivra d’intenses échanges avec intellectuels et écrivains réfugiés. Ses longues marches sur la montagne Sainte-Victoire et sa participation à des fouilles archéologiques lui confirment la nécessité de saisir l’impermanence de la nature. De l’automne 1945 au printemps 1946, il réalise à Paris, à l’aquarium du Trocadéro et au jardin des Plantes, des séries de Poissons évanescents immergés dans la fluidité de l’eau. En 1946, de retour à Aix, ses cascades et chutes d’eau diluent les formes, concentrant l’attention sur les arêtes, les cassures, les failles. Libérant son trait de gestes nerveux, la couleur disparaît au profit de surfaces quasi monochromes grises, vertes et bleues. En 1952, d’autres thèmes apparaissent : Passages, Envols, Signes inspirés par l’art pariétal et ses visites des grottes de Lascaux et du site des Eyzies-de-Tayac. De larges et vifs coups de pinceaux verticaux initient le mouvement des silhouettes primitives.

Baigneuse dans la cascade [Profil sous l’eau] Huile sur toile 1947 H. 72 ; l. 73 cm S.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

Baigneuse dans la cascade [Profil sous l’eau] Huile sur toile 1947 H. 72 ; l. 73 cm S.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

La reconnaissance (1950-1970)
L’unité de son travail est mise en exergue lors d’une exposition de 27 toiles au printemps 1956 à la galerie Maeght, à Paris, qui lui apporte un fidèle soutien et participe à sa reconnaissance publique. La même année, il représente la France à la Biennale de Venise aux côtés de Bernard Buffet et Alberto Giacometti. A partir de 1958, il débute une nouvelle série Troupeaux et vols : ses gestes s’amplifient. Son attention se concentre sur la trace comme essence même de la chose vue. Ses planches gravées à l’aquatinte sont éditées sous le titre Sur le pas aux éditions Maeght, puis il est présent à la Documenta II de Kassel. En 1961, il s’installe en Normandie et entame un nouveau cycle en peinture dans lequel les toiles sont recouvertes par une succession de passages de couleurs destinée à exalter les nuances de lumières dans la matière dont la surface est griffée, gonflée et saturée. Animé par des gestes ancestraux, il pratique des incisions dans la pâte, effectue des tracés au pinceau et utilise les épaisseurs grâce au couteau pour modeler les particules de lumière. En 1968, il publie Traverse d’un plateau, un texte qui dit
sa passion de la terre et de la marche. Dans une volonté de diffusion de son art, des estampes originales sont vendues dans les magasins de l’enseigne Prisunic.

Arborescence Huile sur toile 1947 - 1948 H. 100 ; l. 100 cm S.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019 Arborescence Cette toile est inspirée par les buissons et arbres à proximité de Château-Noir, grande bâtisse du XIXe siècle, en Provence, où Tal Coat travaille entre 1943 et 1956. Les lavis s’inspirent des veinures des écorces de pins et des oliviers. De souples arabesques se déploient au coeur desquelles prennent place des formes en spirales ou circulaires. La palette se limite à de sourds accords de bleus, de gris et de bruns en une couche de peinture très diluée.

Arborescence Huile sur toile 1947 - 1948 H. 100 ; l. 100 cm S.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019 Arborescence Cette toile est inspirée par les buissons et arbres à proximité de Château-Noir, grande bâtisse du XIXe siècle, en Provence, où Tal Coat travaille entre 1943 et 1956. Les lavis s’inspirent des veinures des écorces de pins et des oliviers. De souples arabesques se déploient au coeur desquelles prennent place des formes en spirales ou circulaires. La palette se limite à de sourds accords de bleus, de gris et de bruns en une couche de peinture très diluée.

L’accomplissement (1970-1985)
La dernière partie de sa vie se caractérise par des recherches assidues en dessin, gravure et peinture. Tal Coat complète ce travail par la rédaction de nombreuses notes et textes dont certains seront publiés dans des revues littéraires. Ses séjours réguliers en Suisse dans l’atelier de taille-douce fondé par Pietro Sarto à Saint-Prex le conduisent à étudier, avec ses compagnons d’atelier, les encres, les papiers, les couleurs. Les expérimentations avec huiles, pigments et liants démontrent le soin qu’il apporte aux mélanges, à la viscosité, aux réactions et altérations associant ainsi profondément la création picturale à sa matérialité même. Il produit beaucoup, toujours en quête d’un équilibre entre lumière et matière, y compris dans ses dessins pris sur le vif. Des portraits réduits à l’essentiel apparaissent, dégageant une certaine gravité. Au soir de son existence, plusieurs entretiens radiodiffusés, tout comme des séries d’échanges publiés, de nombreuses expositions en France et à l’étranger, permettent de poursuivre la diffusion de son oeuvre et de sa pensée.

[Vanité] Huile sur toile 1936 - 1937 H. 19 ; l. 24 cm S.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

[Vanité] Huile sur toile 1936 - 1937 H. 19 ; l. 24 cm S.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

Autour de l’exposition

Parcours découverte de l’exposition“Tal Coat en devenir” à faire en famille, à partir du livret de visite et des “Coat box” qui jalonnent le parcours.
Accès libre et remise du livret à titre gracieux à l’accueil-billetterie.
Visites commentées pour les individuels
> Tous les vendredis, à 15h30
> Les premiers dimanches de chaque mois, à 16h
Tout public • Durée : 1h
Tarif : 3 € par adulte après
acquittement du droit d’entrée
Entrée gratuite – de 18 ans
Réservation :
www.museepontaven.fr
25 personnes max.
RV à l’accueil-billetterie.


Expérience synesthésique

Découvrez une autre manière de vivre l’Art !
Vos sens s’éveilleront face à Vert dans l’abrupt de Pierre Tal Coat dans l’exposition temporaire.
Muni d’un casque et d’une tablette numérique, immergez-vous dans l’univers sonore de cette oeuvre. En accès libre au sein du parcours.

Les petits créateurs

À chaque période de vacances scolaires, toutes zones confondues, des activités artistiques et ludiques sont proposées aux familles. Ces moments conviviaux et originaux autour des oeuvres d’art de l’exposition temporaire permettent de pratiquer ensemble l’une des techniques présentées en salles (peinture à l’huile, etc.).
> Mercredis 13 février, 6 mars et 10 avril, de 15h à 16h30
À partir de 4 ans,
accompagné d’un adulte • Durée : 1h30
Tarifs : 5 € par adulte et 2 € par enfant.
Réservation : www.museepontaven.fr
10 enfants max.

Conférence
“Tal Coat en devenir”, par Olivier Delavallade, directeur du Domaine de Kerguéhennec, commissaire scientifique de l’exposition. En partenariat avec l’Association des Amis du Musée de Pont-Aven.
> Jeudi 7 mars, à 18h
Tout public • Durée : 1h15
Tarif : gratuit dans la limite des places disponibles et des conditions de sécurité
Réservation : www.museepontaven.fr
120 personnes max.
RDV porte administrative du musée, puis salle
Julia au 1er étage.

Publication Tal Coat (1905-1985) En devenir
Édition Locus Solus, avec les contributions de : Olivier Delavallade, Estelle Guille des Buttes, Jean-Marc Huitorel
Format : 25 x 20 cm,
168 pages illustrées
Langue : français
Prix public : 27 €
Disponible à la librairie-boutique au rez-de-chaussée du musée

Le vieil homme Huile sur toile 1955 - 1956 H. 113 ; l. 169 cm M.b.d. Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

Le vieil homme Huile sur toile 1955 - 1956 H. 113 ; l. 169 cm M.b.d. Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

INFORMATIONS PRATIQUES
TARIFS D’ENTRÉE
Plein : 8 € / Réduit : 6 €
Groupes (+ 10 personnes, gratuit pour l’accompagnateur) : 5 € /personne
TARIFS RÉDUITS
(sur présentation d’un justificatif) jeunes de 18-26 ans, étudiants, détenteurs du Passeport culturel (CD29), enseignants, personnels du Ministère de la Culture, CNAS, CEZAM, amis du musée d’Orsay, musée de l’Orangerie et musée du Louvre à Paris, et sur présentation d’un billet tarif plein de l’année en cours du Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture (Landerneau) et/ou du Musée de la Pêche à Concarneau.
GRATUITÉ
(sur présentation d’un justificatif) : moins de 18 ans, demandeurs d’emplois (avecjustificatifs de – 6 mois), journalistes, conservateurs du patrimoine, animateurs du patrimoine, guides-interprètes, guides-conférenciers, détenteurs des cartes ICOM et “Bretagne musées”, adhérents aux Amis du Musée de Pont-Aven et/ou du Musée de la Pêche à Concarneau, personne en situation de handicap et son accompagnateur (sur présentation d’une carte d’invalidité).
OFFRE TARIFAIRE / PARTENARIAT
Sur présentation du ticket, une entrée plein tarif au Musée de Pont-Aven donne droit à une entrée à tarif réduit au Fonds Hélène & édouard Leclerc, à Landerneau et auMusée de la Pêche à Concarneau. Réduction valable l’année en cours.

Silex perdus Huile sur toile de jute 1959 H. 81 ; l. 100 cm M.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine Silex perdus Dans le Vexin, lors de ses nombreuses marches, Tal Coat est fasciné par les affleurements de nodules de silex émanant du calcaire ou de la craie. Dans cette composition, les pierres sont disposées sur la courbe argileuse, beige puis ocre jaune, qui s’immisce entre deux plages de craie. Cette composition rappelle les Vols d’oiseaux ou les Troupeaux. Les silex sont multiformes et révèlent des éclats blancs ou les reflets violacés de l’améthyste. de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

Silex perdus Huile sur toile de jute 1959 H. 81 ; l. 100 cm M.b.d. Fonds Tal Coat - Domaine Silex perdus Dans le Vexin, lors de ses nombreuses marches, Tal Coat est fasciné par les affleurements de nodules de silex émanant du calcaire ou de la craie. Dans cette composition, les pierres sont disposées sur la courbe argileuse, beige puis ocre jaune, qui s’immisce entre deux plages de craie. Cette composition rappelle les Vols d’oiseaux ou les Troupeaux. Les silex sont multiformes et révèlent des éclats blancs ou les reflets violacés de l’améthyste. de Kerguéhennec Collection départementale du Morbihan © Illés Sarkantyu - département du Morbihan / ADAGP, Paris 2019

[Sans titre] Huile sur toile 1960 H. 36 ; l. 28 cm M.b.d. Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

[Sans titre] Huile sur toile 1960 H. 36 ; l. 28 cm M.b.d. Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

Vol d’oiseaux passant un reflet Huile sur toile 1962 H. 122 ; l. 196 cm M.b.d Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

Vol d’oiseaux passant un reflet Huile sur toile 1962 H. 122 ; l. 196 cm M.b.d Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

[Sans titre] Huile sur toile 1962 H. 147 ; l. 115 cm M.b.d. Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

[Sans titre] Huile sur toile 1962 H. 147 ; l. 115 cm M.b.d. Collection Sylvie Baltazart-Eon, Paris © Aïnu/Augustin de Valence / ADAGP, Paris 2019

Vert dans l’abrupt Huile sur toile 1962 - 1964 H. 147 ; l. 147 cm M.b.d. Rennes, Fonds Régional d’Art Contemporain, Bretagne © FRAC – Bretagne / Guy Jaumotte / ADAGP, Paris 2019

Vert dans l’abrupt Huile sur toile 1962 - 1964 H. 147 ; l. 147 cm M.b.d. Rennes, Fonds Régional d’Art Contemporain, Bretagne © FRAC – Bretagne / Guy Jaumotte / ADAGP, Paris 2019

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C
Un article bien complet sur cet artiste breton que je découvre.
@+
Répondre
L
Merci beaucoup
Q
Merci pour la découverte... je n'aurais jamais pensé que le même peintre avait peint tous ces tableaux.
Je n'ai pas trouvé, parmi ce que tu as présenté, un tableau qui me plaise vraiment.
Peut-être le passant...
Passe une douce journée.
Répondre
L
Pas fan hormis le première que je préfère
L
un long article et plus d'un tableau pour le tableau du samedi--
pas grave je prends ton lien-
bises- félicitations-----
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L
Merci beaucoup
V
je ne connais pas
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L
C'est bien de découvrir
O
Kerguehennec étant plus près de chez moi je pourrais y aller ou en allant dans le finistère revoir Pont-Aven et son musée
Merci de cette intéressante information
Bel après-midi
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L
C'est superbe
T
Salut
J'aime la peinture mais pas tous les styles et celui là en fait parti.
Bonne journée
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L
Si tu le dis
O
Bonjour d’Angers …
Oui ! ... Non ! Je ne ferai pas le déplacement !
Passe une bonne journée ... Amicalement ... ¢ℓαυ∂є …
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L
C'est un choix
M
J'ai vu une expo sur ce peintre à Aix-en-Provence
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L
Très bien
M
comme c'est passionnant!merci de nous avoir présenté l'évolution du travail de ce peintre dont je ne connaissais que la partie "gauguinesque" qui me plait certes mais sans plus. J'aime énormément les dernières toiles que tu nous montres et je lis qu'il y a des ateliers intéressants qui sont proposés,j'ai beau ne pas habiter franchement loin de Pont Aven, je ne suis pas sûre d'y aller d'ici le 10 juin,raison d eplus pour apprécier ta présentation.
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L
Merci pour ce beau commentaire
Z
Un bel hommage à ce peintre que je découvre. Bises et bon weekend
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L
C'est bien de découvrir
S
Pour être honnête avec toi, Christian, je n'aime pas du tout!
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L
C'est ton droit
D
Bel hommage à ce peintre ... qui doit être très tourmenté, à la vue de ses tableaux dont certains sont incompréhensibles pour moi.
Bon week end, avec la pluie et le vent.
Bisoux, cher christian
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L
Je suis un peu de ton avis
M
Je pense que faire cette visite avec un guide est important, car il nous explique les toiles
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L
Je le pense aussi
R
oups certaines toiles ne remontent pas le moral hihihi
Bonne journée Christian !
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L
Je comprends

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