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Autour de

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Je vous propose de voir mes photos dans des reportages photos. Nature, Promenades, Fêtes, Expositions ....


Exposition dans les coulisses de la paix jusqu'au 8 décembre 2019 à Meaux

Publié par Lemenuisiart sur 8 Novembre 2019, 06:37am

Catégories : #meaux, #exposition, #11 novembre, #histoire, #musée

affiche PAIX-V6c

Musée de la grande guerre

rue Lazare Ponticelli – 77100 Meaux
01 60 32 14 18
à 50 km de Paris par A4/RN3 - parking gratuit
à 30 minutes par la Gare de l’Est en Transilien
ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9h30 à 18h
Tarif plein : 10 € Tarifs réduits : 9, 7 et 5 € selon
conditions
Gratuit tous les 1er dimanches du mois
Le billet d’entrée au musée donne accès à la fois aux collections permanentes et à l’exposition temporaire

 

Après 1650 jours de guerre, l’armistice entre en vigueur le 11 novembre 1918, faisant cesser les combats sur le front Ouest. Mais l’armistice n’est pas la paix et la parole appartient désormais aux hommes politiques et aux diplomates. L’année 1919 s’ouvre pour tous sous le signe de l’espérance, notamment celle de l’établissement d’une paix durable. En Europe, les attentes des dirigeants et des populations sont fortes et beaucoup d’espoirs se concentrent sur le président des États-Unis, Woodrow Wilson, qui est accueilli en héros à Paris en décembre 1918. L’exposition revient sur cette période qui, de novembre 1918 à la signature le 28 juin 1919 du traité de Versailles, principal traité de paix entre l’Allemagne et les Alliés, a façonné l’histoire européenne. Durant 7 mois, la Conférence de la paix rassemble à Paris dirigeants et experts (historiens, juristes, ethnologues et surtout géographes) de 27 pays. C’est cette page unique de l’Histoire, où pour la première fois autant de nations se réunissent autour de la table pour redessiner le monde, que les visiteurs pourront découvrir. Comment ont été définies les clauses du traité de Versailles ? Ce moment de l’histoire a été riche en questionnements, en attitudes complexes et croisées de la part des nombreux négociateurs et signataires. L’exposition mettra en lumière les questions soulevées et les solutions préconisées à l’époque.

"(…) les 7 mois qui courent de novembre 1918 à juin 1919, sont bien les mois fondateurs de notre actuelle culture diplomatique internationale."
François Cochet, commissaire de l’exposition.

Le conseil scientifique de l’exposition

Commissaire de l’exposition
François Cochet
Agrégé et docteur en histoire, François Cochet est professeur Émérite. Spécialiste des conflits contemporains et de l’expérience combattante aux XIXe et XXe siècles, il a publié et dirigé de nombreux ouvrages sur la Grande Guerre. Il est par ailleurs membre du conseil scientifique de la Mission Centenaire de la Première Guerre mondiale.
Conseil scientifique
Jean-Paul Amat, professeur émérite de géographie, Université Paris Sorbonne,
Président de la société des Amis du Musée de l’Armée (SAMA)
Bruno Cabanes, historien titulaire de la chaire Donald G. & Mary A. Dunn
d’histoire de la guerre à Ohio State University, spécialiste de la Première Guerre mondiale
Pour le musée de la Grande Guerre
Elena Le Gall, directrice
Johanne Berlemont, responsable du service conservation
Marion Duplaix, chargée d’exposition
Sébastien Saura, directeur technique et sécurité
Diane Orand, médiatrice culturelle
Marie Leterme, médiatrice culturelle
Stéphanie Derynck, documentaliste
Yannick Marques, assistant sur les collections assistés de l’ensemble du personnel du musée

3 questions à François Cochet commissaire de l’exposition

DANS L’ESPRIT COLLECTIF, LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE SE TERMINE AVEC L’ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918. DIRIEZ-VOUS QUE C’EST LE CAS ?
C’est vrai et inexact tout à la fois. Un armistice est, juridiquement, une simple suspension des combats permettant de négocier un traité de paix à venir. S’il est donc vrai que pour l’immense majorité des populations des États vainqueurs, la Grande Guerre se termine par l’immense soulagement du 11 novembre 1918, il n’en va pas forcément de même pour les États vaincus. À plusieurs reprises, devant certaines réticences allemandes, Ferdinand Foch, qui commande les armées alliées doit menacer de reprendre les hostilités. Par ailleurs, les Alliés conservent leurs prisonniers allemands jusqu’au mois d’octobre 1919, après la signature effective du traité de Versailles, le 28 juin. Ils servent, en quelque sorte, de monnaie d’échange pour la bonne application du traité. En troisième lieu, le 11 novembre ne met pas fin aux combats dans certaines parties d’Europe orientale touchées par les conséquences de la révolution bolchévique et de ses avatars allemands ou hongrois. Ainsi, s’il est incontestable que le 11 novembre constitue bien la date de la victoire et de la fin du cauchemar pour les populations belges, françaises, britanniques ou américaines, cette date ne représente pas la fin de la "Der des Ders" comme l’espéraient tous les combattants de 1914-1918. Il n’empêche que les espoirs mis dans cette date par la plus grande partie des populations représentent le basculement symbolique de la fin de la guerre.

QUE VA-T-IL SE JOUER DE FONDAMENTAL DURANT LES 7 MOIS QUI SÉPARENT LA SIGNATURE DE L’ARMISTICE, EN NOVEMBRE 1918, DE CELLE DU TRAITÉ DE PAIX, EN JUIN 1919 ?
Ce qui se joue durant les sept mois de négociations de la conférence de la paix est proprement extraordinaire. Jamais autant d’États n’avaient été réunis pour une aussi vaste conférence. Jamais les tâches à accomplir n’avaient été aussi nombreuses et capitales : il s’agissait notamment de démanteler les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie, Bulgarie ainsi que l’Empire ottoman). Il s’agissait, à partir des ruines de ces empires de tracer de nouvelles frontières européennes, mais également, par voie de conséquence, de démanteler l’empire colonial allemand d’Afrique et d’Extrême-Orient. Il s’agissait aussi de réduire l’Empire ottoman à sa plus simple expression et de partager -essentiellement au profit de la France et de la Grande Bretagne- ses possessions du Proche-Orient. En outre, cette tâche gigantesque devait être accomplie au nom de la "démocratie ouverte", chère à Wilson. Rien, en théorie, ne devait être négocié en secret, mais au contraire, au grand jour, devant les 32 délégations présentes lors de la Conférence de la paix. Ces volontés allaient être confrontées au principe de réalité et rapidement les négociations allaient se dérouler au sein du cercle restreint des "quatre grands" (France, États-Unis, Grande- Bretagne, Italie). Par ailleurs, au nom également d’un des 14 points de Wilson, adoptés par les Alliés comme base de négociations, le "principe des nationalités" devait constamment sous-tendre les négociations. Dans les faits, ce principe allait souffrir de nombreuses exceptions. Enfin, c’est la première fois, à un tel niveau en tout cas, que les experts sont convoqués ès-qualité, pour donner un avis aux nouvelles définitions de l’Europe. Géographes, historiens, économistes intègrent les 52 commissions spécialisées qui préparent le traité de Versailles et sont désormais forces de proposition pour redéfinir les frontières, mettre au point des règles juridiques de fonctionnement économique ou politique.

CENT ANS PLUS TARD, QUELS HÉRITAGES POLITIQUES, GÉOGRAPHIQUES, SOCIOLOGIQUES DEMEURENT DE CETTE PÉRIODE FONDATRICE DE LA PAIX EN EUROPE ?
Aujourd’hui, les historiens ont tendance à réhabiliter le traité de Versailles, si longtemps vilipendé pour ses imperfections. S’il n’avait pas tout prévu, s’il introduit des dimensions pour le moins maladroites (l’article 231, avançant la seule responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre), il a fait ce qu’il a pu, dans un contexte très tendu (risque d’extension de la révolution bolchévique) pour établir un nouvel ordre mondial. Malgré la défection américaine de 1920, refusant d’entériner le traité de Versailles et donc la création de la société des Nations (SDN) qui allait avec, la Conférence de la paix a commencé, pour la première fois de manière aussi massive et institutionnalisée, à obliger des diplomates de cultures nationales très diverses, à travailler ensemble. En cela, les 7 mois qui courent de novembre 1918 à juin 1919, sont bien les mois fondateurs de notre actuelle culture diplomatique internationale.

Le parcours de visite

Ponctué de dates clés et de portraits d’acteurs qui ont participé à écrire l’Histoire, le parcours de visite de l’exposition s’articule de manière chronologique et retrace les étapes des négociations pour la construction de la paix. Il présente des objets et des oeuvres issus des collections du musée de la Grande Guerre, complété par des prêts importants de plusieurs institutions françaises, britannique et belge ainsi que de prêteurs privés.

Construire la paix

En 1919, Paris et Versailles voient le rassemblement de nombreuses délégations étrangères venues négocier la fin de la guerre et la préparation d’une nouvelle carte de l’Europe et du monde. De la fin des combats de la Première Guerre mondiale à la signature du traité de Versailles avec l’Allemagne, les sept mois qui s’écoulent aboutissent au démantèlement complet des Empires centraux qui structuraient l’Europe depuis plusieurs siècles et jettent les bases d’un monde totalement nouveau dans ses frontières, ses structures politiques et mentales. Au nom de la doctrine imposée par le président américain Woodrow Wilson dans sa déclaration des "14 points" de janvier 1918, la Conférence de la paix prétend fonctionner selon les principes de la "diplomatie ouverte" et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Un travail considérable est réalisé durant ces sept mois qui changent la face du monde, malgré certaines imperfections assez faciles à comprendre, compte tenu de l’immensité de la tâche à réaliser.

Dernières semaines de conflit, vers l’armistice

L’année 1918 est nettement coupée en deux périodes. Du 21 mars au 15 juillet, les Allemands ont l’initiative. Ils lancent cinq offensives successives contre les forces alliées de l’Artois à la Champagne. Ils veulent l’emporter avant l’arrivée massive des Américains. À partir du 15 juillet, les Allemands sont épuisés et les Alliés passent à la contre-offensive générale sur le front de l’Ouest. Les Allemands se replient en ne cessant pas de combattre. L’effondrement du front bulgare à l’Est, fin septembre 1918, marque une étape décisive. Les chefs militaires allemands (Hindenburg et Ludendorff) font savoir au Kaiser que les armées du Reich ne peuvent plus l’emporter. Les premiers contacts avec les Américains pour engager des négociations d’armistice datent de la semaine du 2 au 8 octobre 1918.

Portrait du général Foch, Musée de la Grande Guerre, Meaux

Ils ont fait l’Histoire…
Ferdinand Foch [1851-1929]

Nommé, dans l’urgence, à la tête des armées alliées afin de coordonner la résistance aux offensives allemandes. Foch sait gérer le repli des Alliés sous les cinq coups de boutoir allemands de mars à juillet 1918, tout en préparant des projets de contre-offensive générale. À compter de début août 1918, il dirige cette manoeuvre destinée à repousser les troupes allemandes sur le territoire du Reich. Les Alliés font reculer partout les Allemands de l’Artois (Anglais) à la Lorraine (Américains) en passant par le centre du front (Français). Début octobre 1918, Foch prépare des conditions d’armistice à imposer aux Allemands en cas de demande de négociations de leur part. Ayant su mener les Alliés à la victoire, il signe, l’armistice de Rethondes, le 11 novembre 1918.

Vareuse du maréchal Ferdinand Foch France, 1er quart du XXe siècle Drap de laine, métal et argent Photo © Paris - Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais

Comme la plupart des officiers durant la Grande Guerre, Foch a adopté le port de l’élégante vareuse dite « vareuse nouvelle » inspirée du modèle des officiers britanniques. De teinte bleu ardoise, elle comporte sur les manches les sept étoiles en argent de maréchal de France, dignité à laquelle Foch a été élevé en août 1918, ainsi que sa plaque de Grand Officier de l’Ordre de la Légion d’Honneur.
Vareuse du maréchal Ferdinand Foch
France, 1er quart du XXe siècle
Drap de laine, métal et argent
Photo © Paris - Musée de l’Armée, Dist. RMN-Grand Palais

11 novembre 1918
Zoom sur une oeuvre

L’armistice

Le 7 octobre 1918, les Allemands demandent aux autorités suisses de prendre contact avec le président américain Wilson pour envisager un arrêt de la guerre. Les Américains exigent l’abdication de l’empereur Guillaume II. Le 25 octobre, les Alliés se réunissent à Senlis afin de se mettre d’accord sur les conditions d’armistice à imposer aux Allemands. Le 5 novembre, le maréchal Foch est autorisé à recevoir les plénipotentiaires allemands. Le 7 novembre, ces derniers, conduits par Mathias Erzberger, se présentent dans les lignes françaises à la Flamengrie, près de la Capelle. Le 9 novembre, l’abdication de Guillaume II permet de débloquer la situation. Le 10 novembre à 20 heures, le nouveau gouvernement allemand, dirigé par le socialiste modéré Friedrich Ebert, accepte les conditions d’armistice. Le 11 novembre à 5h10 du matin, les membres de la délégation allemande signent l’armistice pour une durée renouvelable de 36 jours.

Clairon commémoratif, France, 1926 - Conseil départemental de l'Aisne ©Yannick Marques

Le caporal Pierre Sellier sonne le cessez-le-feu le 7 novembre 1918.
La presse s’empare de son nom et renomme Pierre Sellier « le clairon de l’armistice » tandis que celui-ci multiplie les prestations commémoratives et mémorielles. En 1926, il fait don de son clairon au musée de l’Armée et se voit offrir celui-ci en remplacement par la maison Couesnon. Clairon commémoratif France, 1926 Conseil Départemental de L’Aisne
Photo : Yannick Marques

Zoom sur une oeuvre
Esquisse pour un drapeau

Raoul Dufy [1877-1953]

Suite à sa rencontre en 1909 avec le couturier Paul Poiret, Raoul Dufy est initié aux principes du décor textile. Repéré par Charles Bianchini, Raoul Dufy signe en 1912 un contrat d’exclusivité de trois ans avec la maison Bianchini-Férier. Mobilisé en 1915, il continue de dessiner et propose de nombreuses oeuvres à l’iconographie patriotique. Les motifs créés par Dufy étaient exécutés à la gouache avant d’être transformés en rouleaux d’impression ou en bandes perforées pour les métiers Jacquard. L’oeuvre représente un coq sur fond de drapeau français entouré d’une couronne formée, d’un côté, de feuilles de chêne et de l’autre, de feuilles de laurier. Le coq est figuré triomphant, symbole de la Victoire de la France et des Alliés en 1918. Sur la bordure de l’oeuvre sont ainsi présents les drapeaux de plusieurs vainqueurs de la Grande Guerre : France, États-Unis, Royaume-Uni, Japon, Belgique, Italie, Roumanie, Russie, Serbie, Grèce, Pologne, Chine et Brésil. La Grande Guerre a été une période au cours de laquelle la référence au coq gaulois en tant que symbole national français est particulièrement forte et l’animal est omniprésent sur des scènes de propagande qui affirment la force du sentiment patriotique.

Esquisse pour un drapeau, Raoul Dufy, ca 1919-1920 - Musée de la Grande Guerre Meaux

“Après la victoire des armes, c’est à nous de gagner celle du coeur et de l’esprit français. Peut-être aurais-je la faveur de participer aux deux ?“ Raoul Dufy, 1915

Le wagon de l’armistice

À partir du 15 octobre 1918, la voiture 2419 D de la compagnie internationale des wagons-lits fait partie du train du Grand Quartier Général. C’est elle qui est choisie par le maréchal Foch pour recevoir les plénipotentiaires allemands dans un lieu discret : la clairière de Rethondes, près de Compiègne. Après la signature, la voiture est exposée dans la cour des Invalides entre 1922 et 1927, puis ramenée dans la clairière de Rethondes. Le 22 juin 1940, Hitler exige qu’y soit signé l’armistice pour humilier les Français. Cette voiture est ensuite détruite en Allemagne.

Lettre R qui se trouvait sur le wagon de l'armistice - Mémorial de l'Armistice Compiègne ©Yannick Marques

La liesse populaire

Le 11 novembre, dans les capitales alliées, la foule envahit les places et les boulevards dans une atmosphère de fin de cauchemar. À 11 heures, heure d’entrée en vigueur de l’Armistice, le canon tonne à Paris en signe de victoire et les cloches sonnent à toute volée. Des farandoles s’organisent spontanément, à Paris comme en province, mêlant militaires en permission et civils des deux sexes. L’espoir de ne plus revoir le spectre de la guerre est alors très fort.

Sortie de guerre
À l’expression "après-guerre" qui introduit une rupture entre temps de guerre et temps de paix, les historiens préfèrent désormais celle de "sortie de guerre" pour rendre compte de la complexité et des différentes chronologies de ce passage de la guerre à la paix.

Les dispositifs scénographiques

Au coeur du wagon de l’armistice

le visiteur est invité à pénétrer dans un espace qui évoque le wagon de l’armistice. Il pourra visualiser les places de chacun des signataires et y découvrir des collections présentes dans le wagon :
• un cendrier
• le porte-plume utilisé par le maréchal Foch
• le carnet manuscrit du capitaine Paul
Laperche, traducteur de Foch. Une ambiance sonore restituera le déroulement des échanges entre
les membres de la délégation allemande et les représentants des Alliés.

Carnet manuscrit de Paul Laperche traducteur de Foch - Collection particulière - Famille Laperche ©Yannick Marques

“Le général de Winterfelt s’incline sans répondre et prend congé en me tendant la main. Je la lui serre en m’inclinant à l’allemande et en rapprochant les talons. C’est probablement une des premières poignées de mains échangées sur le sol français, depuis quatre ans, entre un français et un allemand tous deux en uniforme.“ (extrait du carnet)

La Conférence de la paix

Une organisation à la mesure du conflit

Le choix de Paris entérine le poids de la France dans la Grande Guerre. La Conférence de la paix s’ouvre le 18 janvier 1919 pour mettre un terme diplomatique à la Première Guerre mondiale. Son organisation relève de la plus grande complexité, puisqu’y siègent 32 délégations venues du monde entier (27 États, 4 dominions britanniques et l’Inde). Le programme à réaliser est le plus vaste jamais envisagé diplomatiquement : redéfinition des frontières internationales et création de nouveaux circuits commerciaux, le tout sur un arrière-plan dramatique (extension de la révolution bolchévique en Europe).

Les 14 points de Wilson

Le président américain Woodrow Wilson pense que la paix doit se reconstruire sur une diplomatie ouverte, qui pose des grands principes, sans oublier les intérêts bien sentis de son pays. Le 8 janvier 1918, dans un discours au Congrès des États-Unis, il fait connaître son programme en 14 points. Ce programme va servir de base aux négociations de Versailles. Les points 1 à 3 organisent une diplomatie ouverte et la suppression des barrières économiques. Le point 4 prévoit des réductions d’armement au niveau mondial. Les points 5 à 13 évoquent les questions territoriales et le principe des nationalités. Le 14e point prévoit une association générale des Nations (future Société Des Nations) dans le but de fournir des garanties d’indépendance politique et d’intégrité territoriale aux grands comme aux petits États.

Photo des membres de la SDN - journal Pays de France, 20 février 1919, musée de la Grande Guerre, Meaux

La naissance de la Société Des Nations : SDN

Le 29 avril 1919, l’Assemblée plénière de la Conférence de la paix ratifie la création de la SDN, qui va siéger à Genève. Elle doit maintenir la paix au niveau international, empêcher les agressions d’État à État tout en pratiquant la diplomatie ouverte. Elle a le mérite de faire travailler ensemble des diplomates pour la première fois et se révèle être un vrai laboratoire d’idées dont l’actuelle Organisation des Nations Unies a hérité. Mais le retrait des États-Unis la fragilise dès janvier 1920.

Ils ont fait l’Histoire…

Woodrow Wilson [1856-1924]

Juriste et universitaire, il devient le 28e président des États-Unis en 1912 après une brève carrière politique commencée seulement en 1910 comme gouverneur du New-Jersey. Neutraliste en 1914, il se consacre surtout à son programme intérieur de réformes, notamment de lutte contre les trusts. Réélu président fédéral en novembre 1916 sur un programme de neutralité, il fait entrer les États-Unis dans la guerre le 6 avril 1917 après la déclaration de guerre sous-marine à outrance de la part de l’amirauté allemande. En janvier 1918, il fait paraître son programme des "14 points" qui sert de base aux négociations de paix. Il échoue à faire ratifier le traité de Versailles par le congrès et il est battu sèchement aux élections présidentielles de novembre 1920.

Le Petit Journal avec portrait de Wilson - 25 février 1917 - musée de la Grande Guerre, Meaux

Georges Clemenceau [1841-1929]

En 1914, Clemenceau a une très longue carrière politique derrière lui. D’abord opposant au second Empire, il est réputé pour être un orateur redoutable. Il est devenu président du conseil une première fois en 1906. En 1914, il refuse d’entrer dans un gouvernement dont il ne serait pas le chef. Il joue cependant un rôle capital durant la guerre, notamment à la tête de commissions sénatoriales de l’Armée et des Affaires étrangères. En novembre 1917, le président de la République, Raymond Poincaré, qui ne l’aime pas beaucoup, est obligé de faire appel à lui comme chef de gouvernement, les autres pistes étant épuisées. Clemenceau incarne alors la volonté de faire la guerre totalement jusqu’à la victoire. Il préside la Conférence de la paix et cherche à obtenir des garanties pour la France. Il échoue à la présidence de la république en 1920.

Assiette commémorative - Les artisans de la Victoire - musée de la Grande Guerre, Meaux

David Lloyd George [1856-1924]

Issu d’un milieu gallois relativement modeste, Lloyd George devient pourtant un avocat renommé avant de se lancer en politique en 1889. En 1890, il est élu plus jeune député libéral du Royaume. Ministre en 1905, chancelier de l’échiquier (ministre des finances) en 1908, il est premier ministre en 1916 et constitue un cabinet d’union. À Versailles, il est partisan d’une politique ferme à l’égard de l’Allemagne, mais sans  vouloir un traitement aussi dur que les Français, au nom de l’équilibre européen.

Georges Clémencea, Woodrow Wilson et Lloyd George après la signature du traité de Versailles -musée de la Grande Guerre, Meaux

Marie de Roumanie [1875-1938]

Petite fille de la Reine Victoria, elle est anglophone et a un contact direct avec Wilson et Lloyd George durant la Conférence de la paix. Son rôle d’infirmière en chef des armées roumaines, très médiatisé, l’a rendue très populaire dans les opinions publiques occidentales. Lors de la conférence de Paris, Georges Clemenceau tombe littéralement sous son charme. Son rôle est important dans la définition de la "Grande Roumanie" après la guerre.

Les 52 commissions

Le travail d’expertise de la Conférence de la paix est considérable, même s’il prend surtout en compte les intérêts des Alliés. Pour la première fois dans une grande conférence internationale, les experts, géographes, juristes, historiens, économistes sont largement consultés. Des commissions fonctionnent pour le tracé des différentes frontières, pour la navigation sur le Rhin et sur bien d’autres sujets techniques.

Pendant les négociations : l’occupation alliée

L’entrée en Allemagne des Alliés commence le 1er décembre 1918. Il est prévu une démilitarisation allemande de 10 kilomètres de large entre les frontières hollandaise et suisse. Les Britanniques et les Belges occupent la zone de Cologne, les Américains, celle de Coblence et les Français celle de Mayence. Il s’agit clairement d’empêcher toute velléité de reprise de la guerre. Le quartier général français est à Kaiserlautern. En tout, six divisions françaises sont présentes. Durant toutes les négociations de la Conférence de la paix, ces troupes constituent une pression sur les Allemands.

Les clauses du traité - L'écho de Paris, périodique France, 8 mai 1919 - musée de la Grande Guerre, Meaux

Une paix sans les vaincus

Avant même l’ouverture de la Conférence de la paix, il a été décidé par les Alliés que les réunions se dérouleraient en l’absence de l’ennemi. Informés, ces derniers vivent cette mesure comme une humiliation, à juste titre. La délégation allemande n’arrive qu’à la mi-avril 1919 à Versailles. Alors qu’ils pensaient négocier sur les bases des 14 points de Wilson, les délégués ne sont qu’informés des décisions des Alliés.

Les dispositifs scénographiques

Le bistrot parisien

Dans le parcours de l’exposition, le visiteur pourra s’attabler dans la reconstitution d’un bistrot parisien et feuilleter des reproductions de journaux français, publiés pendant cette période. Alors premier média d’information, la presse a très largement relayé les débats et les négociations qui se sont tenus entre l’armistice du 11 novembre 1918 et le traité de Versailles le 28 juin 1919.

Les enjeux territoriaux de l’Europe

Une carte dynamique permettra de comprendre les évolutions des frontières des états européens pendant et après la Grande Guerre. Différents dispositifs interactifs expliqueront combien le travail des géographes, cartographes et topographes était primordial : redessiner les frontières tout en respectant les enjeux du territoire.

Le traité de Versailles

Clémenceau signe le traité dans la galerie des glaces de Versailles - Musée de la Grande Guerre, Meaux

La signature du traité de Versailles

Le 28 juin 1919, date anniversaire de l’assassinat de François Ferdinand à Sarajevo, à 15h, les cinq délégués
allemands sont introduits dans la galerie des glaces à Versailles. La cérémonie des signatures commence à 15h12, d’abord de la part de Hermann Müller, ministre des Affaires étrangères allemand et de Johannes Bell,
ministre des transports puis par les représentants alliés, Wilson, Lloyd George et Clemenceau. Georges Clemenceau a tenu à inviter cinq "gueules cassées" et les salue ostensiblement, tandis que les Allemands sont contraints de les regarder, face à la grande table. Outre les pertes territoriales (Alsace-Lorraine, Schleswig, Poznanie, couloir de Dantzig et leurs colonies), les Allemands doivent verser 20 milliards de Mark-or en deux ans, livrer armes lourdes, avions et la totalité de la flotte de haute mer. Il leur est interdit d’avoir une armée de plus de 100 000 hommes, de l’aviation et des blindés. À noter : les pièces exceptionnelles que sont les instruments de ratification* du Traité de Versailles signés par le Japon et le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (Coll. Archives du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) sont présentées au visiteur. Les instruments de ratification sont "décorés" selon les traditions graphiques du pays (en velours avec des fleurs et calligraphie pour le Japon…).
*Un instrument de ratification est le document par lequel un chef d’État ou un dirigeant confirme la signature que son plénipotentiaire a apposée sur un traité valant accord avec un pays étranger. Le dépôt de l’instrument de ratification valide en général de façon définitive un traité international.

Photo extrait de l'album photo %22La fête de la Victoire à Paris%22 par René Dardenne 14 juillet 1919 - Musée de la Grande Guerre, Meaux - Don Blondy (2009)

Le défilé de la victoire

Le 14 juillet 1919, sous l’impulsion de Clemenceau, un défilé de la victoire est organisé à Paris, sur les Champs-Élysées et passe sous l’arc de triomphe (le soldat inconnu n’y étant placé qu’en 1921). 1000 mutilés ouvrent le cortège, puis viennent les trois maréchaux français (Joffre, Foch et Pétain), les Alliés (Américains, Belges, Anglais, Écossais, Italiens) puis les armées françaises (Armée d’Afrique, zouaves, armée métropolitaine). Les chars FT 17 ferment la marche. Un cénotaphe doré de 17 mètres de haut est installé sur
le côté de l’Arc de triomphe pour rendre hommage aux 1,5 million morts français.

La disparition du traité de Versailles

Le premier grand coup porté au traité de Versailles est le refus de sa ratification par le Sénat américain le 19 mars 1920. C’est le système de garantie américaine voulu par Clemenceau qui s’effondre alors. L’hyperinflation allemande (1923-1925) empêche tout versement des réparations puis la crise de 1929 met un terme définitif aux paiements. Arrivés au pouvoir, les nazis s’empressent de prendre des mesures en violation évidente avec le traité : remilitarisation de la Rhénanie, création de la Luftwaffe et rétablissement du service militaire en Allemagne (mesures de 1935). Les négociations de paix se poursuivent jusqu’en août 1920, avec en conclusion les signatures des traités de Saint-Germain-en-Laye, de Neuilly, de Trianon et de Sèvres qui réorganisent la carte de l’Europe. La disparition du traité de Versailles
Au coeur du Traité de Versailles
Un dispositif de réalité virtuelle à 360° inédit (accessible via deux casques autonomes) invite les visiteurs à se plonger au coeur de la galerie des glaces du Château de Versailles pour revivre cette page de l’Histoire.
À travers des images d’époques, des images de reconstitution et les interventions des historiens tels que Gerd Krumeich, Robert Franck ou encore Frédéric Guelton, cette expérience de réalité virtuelle de trois minutes plonge littéralement le visiteur dans l’ambiance unique de la signature du Traité de Versailles, mélange de fastes et de tensions.
Extraits des textes du parcours de visite de l’exposition écrits par François Cochet.

Quelques dates clés

8 novembre 1918 : L’Allemagne demande l’armistice
11 novembre 1918 : L’armistice est signé à Rethondes entre les Alliés et
l’Allemagne
14 décembre 1918 : Wilson arrive à Paris
18 janvier 1919 : Ouverture de la Conférence de la paix par une réunion plénière qui se tient dans le salon de l’horloge du ministère des Affaires étrangères
19 février 1919 : Attentat contre Clemenceau
5 mars 1919 : Arrivée de la reine Marie de Roumanie à Paris
30 avril 1919 : Arrivée de la délégation allemande à Versailles
5 mai 1919 : Orlando quitte la conférence
7 mai 1919 : Remise des clauses du traité de paix à la délégation allemande à Versailles.
12 mai 1919 : L’Allemagne refuse les conditions de paix.
16 juin 1919 : Rejet des contre-propositions de paix allemandes par les Alliés
23 juin 1919 : L’Assemblée nationale allemande accepte les conditions du traité
28 juin 1919 : Signature du traité de Versailles dans la galerie des glaces du
château de Versailles
10 septembre 1919 : Signature du traité de Saint-Germain-En-Laye (Autriche)
27 novembre 1919 : Signature du traité de Neuilly-Sur-Seine (Bulgarie)
4 juin 1920 : Signature du traité de Trianon
10 août 1920 : Signature du traité de Sèvres

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Extrait du journal Le Miroir - 23 février 1919 - musée de la Grande Guerre, Meaux

Un dispositif de réalité virtuelle inédit au coeur de l’exposition

Pour la première fois, le musée de la Grande Guerre présente au sein de son parcours d’exposition, une expérience de réalité virtuelle à 360° ; celle-ci invite à revivre dans l’environnement de l’époque, les négociations et la signature du Traité de paix, au château de Versailles. Cette immersion, en prise directe avec le contenu de l’exposition, est une expérience de médiation inédite au musée au service du visiteur, pour une meilleure compréhension de l’Histoire. Deux casques autonomes sont ainsi mis à la disposition du public pour une totale immersion de 3 minutes. Une coproduction French Connection Films/Chuck Productions/Musée de la Grande Guerre avec la participation de France 3 Paris Ile-de-France, Toute l’Histoire, le château de Versailles et l’ECPAD.

Des dispositifs multimédias au service de l’Histoire

Afin de mieux comprendre les différents enjeux de ces mois de négociation pour la Paix, des dispositifs de médiation sont mis à la disposition du public :
• 2 mini-jeux accessibles dès 8 ans, présentent le travail des experts et des géographes et invitent à découvrir les outils et matériels d’un cartographe utilisés pour l’abornement des frontières
• un planisphère présente les célébrations et les manifestations de liesse populaire qui ont accompagné la signature de l’armistice dans les différentes régions du monde
• une carte dynamique retrace l’évolution des frontières de l’Europe de 1914 à 1920, en mettant l’accent sur le chantier de définition des frontières dans l’après-guerre.

Les prêteurs de l’exposition

Les prêteurs institutionnels

• Archives du ministère des Affaires de l’Europe et des Affaires
étrangères, La Courneuve
• Bibliothèque municipale de Versailles
• Conseil Départemental de l’Aisne
• Établissement de Communication et de Production Audiovisuel
de la Défense (ECPAD)
• Imperial War Museum, Londres
• La Contemporaine, Nanterre
• Médiathèque de Saint-Denis
• Mémorial de Verdun
• Musée de l’Armée, Paris
• Mémorial de l’Armistice, Compiègne
• War Heritage Institute, Bruxelles

Les prêteurs privés

Yves Chazottes, Tatiana El Nemer, Charles Hérissey, Pierre Laperche,
Dominique Maunoury, Gabriel Badea-Päun.

Extrait du journal Pays de France - 30 janvier 1919 - musée de la Grande Guerre, Meaux

 

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T
Salut,
On a un musée à Notre Dame de Lorette qui est un lieu de pélerinage très connu de la première guerre mondiale.
On a le mémorial des canadiens à Vimy.
Bravo pour ton article .
Bonne journée

Il fait beau enfin pour un mois de novembre.

J'ai fabriqué une nouvelle mangeoire pour les oiseaux .

Le rouge gorge, les merles et autres petits oiseaux auront

de quoi se restaurer.

Bonne journée
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L
Merci beaucoup
C
Bonjour,
un musée qui relate cette période, ce jour particulier et les suivants nous sont remémorés.
Beau partage
Bonne fin de semaine.
@mitiés
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L
Logique pour ici
F
Bonjour, c'est un musée intéressant, certainement, et qui a le mérite d'exister; cependant j'avoue que ça ne me tente pas trop, je te souhaite une bonne journée, bisous
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L
Un indispensable pour moi
S
Je n'ai lu cet article qu'en diagonale car il est trop long et mes yeux se fatiguent vite. Cependant, cette exposition semble le fruit d'un long travail de documentation qui cherche à présenter la PGM sous un autre angle que celui des tranchées, et tant mieux! Nous avons "bouffé de la commémoration" pendant 4 ans jusqu'à l'indigestion de 2014 à 2018, et pratiquement rien sur les causes et les conséquences (toujours présentes aujourd'hui) de ce conflit.
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L
Comme toujours
J
J'aime bien l'idée de cette exposition
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L
Moi aussi
D
Merci pour cette belle présentation pour laquelle tu as pensé à noter tes sources ...

" Bonne fin de semaine avec un temps quasi hivernal.
Je vais me remettre en pause car mon doc ne peut rien faire pour mon dos et mes yeux, sauf me conseiller de les laisser se reposer.
On va attendre les résultats de l'ostéodensitométrie ... en janvier !
J'ai le temps d'avoir mal avant de savoir à quoi m'en tenir et ensuite savoir à quelle sauce on va me mettre ...
Gros bisoux et à ... je ne sais pas quand.
Mais je passerais peut-être, de temps en temps, selon l'état de la machine. "
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L
Merci beaucoup

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